Du courage de transformer

La rédaction de Questions de transformation- 13 février 2020

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« Aujourd'hui, le changement climatique, on le subit. » Directrice de recherche au CEA et présidente du groupe n° 1 du Giec, Valérie Masson-Delmotte n'a pas édulcoré son message à l'intention des quelque 500 dirigeants et membres de comités exécutifs réunis par EY le 4 février au ministère de l'Économie et des Finances pour la quatrième édition du T-Day. Certes, des engagements ont été pris dans le cadre de l'Accord de Paris, mais « est-ce que nous transformons nos modes de vie et nos modes de production à la hauteur de cet enjeu ? ». Selon elle, trop peu d'entreprises et d'investisseurs alignent concrètement leurs actions sur une trajectoire de neutralité carbone.

« Chacun a son rôle à jouer pour faire baisser les risques. Agir à la hauteur des enjeux demande des transitions à un rythme sans précédent historique dans tous les secteurs de l'économie. [...] Pour avoir le courage de transformer, la première chose à faire, c'est de mesurer, avec une approche basée sur la science. Ensuite, on peut agir de manière efficace », a affirmé Valérie Masson-Delmotte.

Agir, donc. Et le faire plus vite. Car, une fois posé le constat de la nécessité du changement pour faire face aux enjeux de demain, c'est bien à cette exigence de rapidité qu'il faut désormais pouvoir répondre. Un point souligné par Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, qui a plaidé pour l'on passe « plus vite de l'idéation à l'exécution et à la réalité ». Pour être efficace, « la transformation doit être palpable et mesurable dans la vie des gens ».

Et elle doit se faire dans un esprit de partenariat entre public et privé. Patrice Caine en est convaincu : des recherches actuellement conduites par Thales sur les technologies quantiques naîtront de grandes avancées dans le domaine de l'aéronautique, de la défense, du médical... Il prévient cependant qu'une entreprise privée comme celle qu'il dirige ne peut pas à elle seule en supporter le coût et le risque : « Plus que la taille ou l'agilité, ce qui compte, c'est la manière dont on peut être soutenus par nos clients publics ou par l'État », à travers le crédit impôt recherche ou le programme d'investissements d'avenir.

Le partage d'expérience est une des clés de la réussite : « Nous saurons répondre aux transformations en cours et aux nouveaux enjeux de l'économie française en mettant en place des organisations plus matricielles », a estimé Odile Renaud-Basso, également invitée à présenter sa vision du sujet et l'approche qu'elle a pu en développer à la tête du Trésor. Et Bernard Giry, conseiller numérique, innovation et recherche à la région Île-de-France, d'enfoncer le clou en affirmant qu'« on ne peut plus livrer une politique publique si on n'intègre pas les données privées ».

« Le sujet de la transformation est complexe, mais passionnant et excitant », assurait Éric Fourel, président d'EY en France, en ouverture de cet exercice de prospective. Et c'est un sujet à aborder avec la force du collectif. Benjamin Smith, le directeur général d'Air France, le reconnaît : « Beaucoup de nouvelles initiatives dans les technologies embarquées ou sur les travaux de maintenance ont été mises en place grâce aux startups. » Car dans le courage de transformer, il y a aussi celui de le faire ensemble.
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