Comment l'économie circulaire contribue-t-elle à la transformation des modes de production ?

Propos recueillis par la rédaction de Questions de transformation- 19 janvier 2017

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Eric Mugnier
Associé EY, Sustainable performance & transformation
« Le monde industriel a pris conscience que nous vivons dans un monde fini en termes de ressources naturelles et d'occupation de l'espace. Les réserves accessibles de certains métaux, rares et courants (zinc, étain, argent...), seront épuisées dans cinquante ans, les pénuries d'eau deviendront de plus en plus fréquentes...

Ce constat signe la fin d'une économie linéaire basée sur l'extraction de ressources qui entrent dans la fabrication de produits que l'on consomme et que l'on jette. L'émergence d'une économie plus circulaire, qui met en œuvre des modes de production optimisant l'usage des matières premières et de l'énergie est aujourd'hui poussée par l'évolution erratique des prix, les réglementations et les taxes sur le carbone et les déchets, le soutien financier à la reprise des produits en fin de vie, mais aussi le glissement progressif d'une logique de propriété à une logique d'usage, où chacun ne veut payer que pour le service réellement rendu et non pour la possession ou la disponibilité permanente du bien ou du service.

L'économie circulaire est une opportunité concurrentielle pour qui la saisit, à la fois de réduction des coûts d'achat et de différenciation de l'offre.

Au cœur de cette économie de demain, l'éco-innovation des produits et des process. Il s'agit d'exploiter le juste nécessaire pour délivrer efficacement un usage / rendre un service en minimisant les impacts négatifs. La technologie et la connaissance progressent fortement dans ce domaine. A titre d'illustration, un bien est traditionnellement fabriqué à partir d'un bloc de matière que l'on élague pour façonner une pièce. L'impression 3D permet l'inverse : on « imprime » avec la quantité de matière dont on a besoin pour produire une pièce. Appliqué au "remanufacturing" (re-fabrication de produits neufs en maximisant l'intégration de produits récupérés et en remplaçant les pièces d'usure), alors que les gains obtenus par le remanufacturing rapport à la production d'appareils neufs sont quasi nuls pour un produit nécessitant des modifications importantes, l'éco-conception permet des gains de 30 à 50% sur le prix de revient car alors la conception des produits d'origine requiert peu de modifications à apporter au produit récupéré pour en re-commercialiser un neuf.

Côté différenciation, la production locale, le caractère durable (équitable, bio, renouvelable...) ou la réparabilité des produits ont des effets positifs sur l'emploi et la qualité de vie et deviennent des éléments de compétitivité hors prix que les fabricants mettent aujourd'hui en avant.

Toutes les sociétés qui seront capables de développer une vision stratégique autour de ces nouveaux modèles de performance, de tester des scénarii via des pilotes puis d'entrer dans une phase opérationnelle, arriveront à dégager une vraie différence et à développer une relation beaucoup plus forte avec leurs clients. »
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Olivier Macard

associé EY, en charge du secteur Distribution et Consommation pour la France
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