Comment les données de santé améliorent-elles l'hôpital public et le suivi patient ?

Propos recueillis par la rédaction questions de transformation - 12 octobre 2018

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Nous sommes aujourd'hui capables d'analyser finement le parcours d'un patient à l'intérieur de l'hôpital : quelles unités a-t-il traversées ? Quels actes a-t-il subis ? Quels médicaments a-t-il avalés ? Première application très concrète : lutter contre le gaspillage.
 
Loïc Chabanier
Associé EY Consulting
Nous sommes aujourd'hui capables d'analyser finement le parcours d'un patient à l'intérieur de l'hôpital : quelles unités a-t-il traversées ? Quels actes a-t-il subis ? Quels médicaments a-t-il avalés ? Première application très concrète : lutter contre le gaspillage. La Fédération hospitalière de France a montré à plusieurs reprises (dans une étude de 2012 et dans une étude de 2017) qu'on pratiquait énormément d'actes inutiles en France. Si, par exemple, un patient subit plusieurs fois un même examen, les médecins vont s'interroger, mais leurs conclusions ne quitteront pas les murs de leur service. Grâce aux données, on peut réfléchir à l'échelle du service sur une période de temps donnée, ou de tout l'hôpital, ou même de la spécialité sur plusieurs hôpitaux. Ensuite, sur les maladies rares, les données permettront de limiter les errances diagnostic des malades qui multiplient eux-mêmes les examens et les consultations. Nous pourrons les identifier et leur fournir un accompagnement global.

Au-delà du seul hôpital, les données serviront à suivre plus efficacement les risques d'épidémies. Le réseau de médecins Sentinelles, créé en 1984, fait déjà remonter beaucoup de données à Santé publique France, qui publie des rapports. Et l'histoire s'arrête là. Nous pourrions faire beaucoup mieux avec de meilleurs outils de traitement. Mais les solutions arriveront si des gens aux idées nouvelles – comme des biotechs – peuvent accéder à toutes ces données et travailler dessus. C'est le sens de l'annonce du « Health Data Hub » par la ministre de la Santé le 12 juin 2018 : un projet censé permettre un accès plus large aux données de santé publique administrative et cliniques.
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