Anaïs Barut, l'innovation contre le cancer à la croisée des mondes

La rédaction de Questions de transformation- 06 juillet 2018

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Anaïs Barut, l'innovation contre le cancer à la croisée des mondes
Chez les Barut, être ingénieur n'est pas une obligation, simplement une évidence. Anaïs, 26 ans, fille et sœur d'ingénieurs, n'a pas dérogé à la règle tacite familiale. Mais chez cette bachelière scientifique "mention très bien", l'appel entrepreneurial, viscéral, la propulse à 22 ans dans le monde des startups. Diplômée de l'Institut d'Optique Graduate School et de HEC Paris, la cofondatrice et présidente de Damae Medical veut révolutionner la détection des cancers de la peau. Quitte à bousculer des barrières culturelles très françaises. « C'est vrai que par rapport à d'autres pays, comme l'Allemagne ou les États-Unis par exemple, il est moins naturel en France de se dire que l'innovation peut émerger à la croisée de deux mondes : le médical et le technique », constate-t-elle sans aigreur. Normal, Anaïs Barut, classée en 2015 comme l'un des 10 meilleurs innovateurs français de moins de 35 ans par la MIT Technology Review, est allergique au pessimisme.

Avec Damae Medical, une medtech spécialisée dans la détection de cancers de la peau, le diagnostic se fait à l'aide d'un appareil optique permettant de déceler les cellules cancéreuses. Sa sonde optique à haute résolution permet en effet d'ausculter in vivo la peau en profondeur avec une précision proche de celle d'une analyse histologique traditionnelle. Adieu les biopsies coûteuses et incommodantes. Depuis 2014, la jeune entreprise aux dix salariés a remporté une quinzaine de compétitions, dont le Concours mondial d'innovation de bpifrance et le prix EDF Pulse. Pour Anaïs Barut, l'intérêt de sa sonde manuelle est évident : « Le cancer de la peau est le plus répandu dans le monde, carcinomes et mélanomes confondus, et représente presque la moitié de tous les cancers diagnostiqués par an. Plus de cinq millions de nouveaux cas apparaissent chaque année. Quant au marché de l'imagerie en dermatologie, il devrait atteindre 1 milliard de dollars en 2020. » Elle l'avoue avec le ton de la revendication, « je voulais vraiment m'investir dans mon premier métier et ne pas compter mes heures ». Être persuadée de créer de la richesse scientifique et clinique aide à conserver la passion de l'action au jour le jour. Même cinq ans après. Fin 2013, quand Arnaud Dubois, enseignant-chercheur à l'Institut d'Optique Graduate School et cofondateur de Damae Medical, se lance dans l'aventure startup, il se tourne vers la filière innovation entrepreneurs de l'Institut d'Optique Graduate School. Anaïs Barut et David Siret y sont deux apprentis prometteurs qui voient dans le projet de leur aîné une remarquable opportunité. « C'était extrêmement ambitieux et stimulant. Nous nous sommes très vite bien entendus, identifiant ce que pourrait être le rôle de chacun », confie la jeune présidente. En cours de certification européenne, la sonde manuelle de Damae Medical devrait être pré-industrialisée en 2019 en vue d'une série de tests dans une dizaine d'établissements hospitaliers européens, avant une mise sur le marché.
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Olivier Macard

associé EY, en charge du secteur Distribution et Consommation pour la France
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