Édouard Fiess ou la plaisance d'esprit

La rédaction de Questions de transformation - 13 décembre 2018

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Édouard Fiess ou la plaisance d'esprit
Et si seulement... Dans chaque roman de startup, c'est ce constat d'espérance mâtiné de regrets immédiats qui ouvre souvent la genèse de la belle histoire. Un peu comme le « Il était une fois » des contes pour enfants. Pour Édouard Fiess et son application Navily, le point de départ remonte à l'été 2013, lors d'une semaine passée en mer avec son ami Benjamin Rousseau, rencontré à la Neoma Business School de Rouen. « Nous avons enchaîné les mauvaises expériences et les mouillages ratés. Un jour, on a été réveillé en pleine nuit à 3 heures du matin, et c'est là qu'on a regretté qu'il n'existe pas une application de partage d'avis », nous raconte le Normand. Sans aucune expérience entrepreneuriale, il quitte son travail de marketeur dans l'industrie des noms de domaine pour lancer Navily, avec celui qui l'a initié (tardivement) à la voile, Benjamin Rousseau. Le duo teste son idée de guide côtier communautaire au Startup Weekend de Marseille, avant de lancer une première version en juin 2014.

Un an plus tard, après avoir levé 200 000 euros auprès des familles et amis, le TripAdvisor de la plaisance devient aussi le Booking de la navigation en permettant la réservation en ligne de places de port. L'été dernier, l'application quadrilingue, qui a doublé sa communauté d'utilisateurs en un an (104 000), recense 10 000 mouillages, travaille avec 350 ports partenaires et héberge plus de 20 000 avis communautaires, a levé cette fois 1 million d'euros. D'ici 5 ans, l'objectif de la startup niçoise est de connecter plus d'un million de plaisanciers et de permettre la réservation de places dans 1 500 ports en Europe. Leader européen et sans concurrence en France, Navily a appris à son cofondateur de 32 ans qu'il était « plus important de faire ce qu'on aimait que de gagner beaucoup d'argent ». « Mon père a été entrepreneur toute sa vie, ni dans le digital ni dans le nautisme, mais je ne me suis jamais dit "un jour je créerai mon entreprise". Navily, ce n'est pas avant tout un rêve entrepreneurial mais l'envie d'une application utile pour les plaisanciers. Contrairement à Benjamin, j'avais même un peu peur au début de me lancer », nous confie ce globe-trotteur qui parle couramment quatre langues. De son père, Édouard Fiess a appris à savoir sortir de ses zones de confort. De sa startup, il a appris depuis quatre ans que les choses peuvent toujours être pires et qu'il y a toujours une solution à un problème. Après la Méditerranée et les Caraïbes, Navily veut s'étendre à la Mer du Nord, l'Océanie et « partout où il y a une culture de la navigation ».
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