Guillaume Capelle, l'entrepreneuriat au service des réfugiés

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Guillaume Capelle, l'entrepreneuriat au service des réfugiés
« Singa, c'est l'endroit où les réfugiés peuvent se révéler. » Guillaume Capelle est bien placé pour savoir que ne pas se laisser ronger par le désespoir constitue le premier défi d'un réfugié. Choqué par le suicide d’un ami demandeur d’asile rencontré dans un centre fermé en Australie, l’ancien activiste d’Amnesty International, est persuadé que l’intégration des réfugiés est fondamentale pour nos sociétés. Ce fils d’entrepreneurs titulaire d’un Master 2 en Sécurité Internationale et Défense à l’Université Pierre-Mendès-France à Grenoble, fonde donc Singa en 2012, avec Nathanaël Molle. Avant les grandes crises migratoires syriennes, libyennes et d’Afrique de l’Ouest qui secouent encore l’Europe, Guillaume Capelle et son associé veulent changer l’accueil, l’image et l’intégration des réfugiés.

Impressionné, dit-il par « la force, la résilience de ces gens qui n'hésitent pas à se réinventer entièrement, parfois à 40 ou 50 ans », l'ex-rédacteur en chef du Centre migrations et citoyennetés de l'IFRI constate avec désolation la suspicion et la lenteur de l'administration locale face au drame de la migration contrainte. La première valeur ajoutée de Singa est donc de démystifier le statut de réfugié « car on en oublie que l'asile, c'est d'abord une solution. Cela nous paraît être essentiel, que des personnes qui viennent de l'extérieur ne soient pas considérées comme des cas sociaux, mais plutôt comme des individus qui peuvent également apporter et contribuer à la société dans laquelle ils vivent. L'idée serait plutôt de lever les barrières », explique le trentenaire.

Présente dans six pays (France, Canada, Allemagne, Maroc, Suisse et Belgique) en 2016, l'association permet aux réfugiés de s'intégrer par leurs compétences. Elle leur donne la possibilité de devenir autonomes et de participer à la vie locale en exerçant leurs talents et leur métier. Via sa plateforme Internet Calm, Singa permet aux réfugiés de trouver un foyer d'accueil alliant innovation et humanitaire. « Au lieu de se demander si nous pouvons accueillir toute la richesse du monde, demandons-nous comment s'ouvrir à la richesse du monde », assène Guillaume Capelle. Dans une interview à RFI en mars 2016, le cofondateur de Singa résumait le sens de sa mission : « Ce qui manque le plus cruellement, c'est simplement de se parler, se rencontrer sur un pied d'égalité. La plupart des demandeurs d'asile qui arrivent rencontrent des Français qui sont derrière un bureau ou un guichet : chez Pôle emploi, à la Caf, à l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration)... Mais très rarement des gens au sein de la société. Notre idée, c'est de créer une communauté. Ce qui nous intéresse, ce n'est pas les réfugiés, c'est vivre dans une société dans laquelle des gens qui sont réfugiés peuvent aussi contribuer. »
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