Moojan Asghari : « l'IA est une révolution de la condition humaine »

La rédaction de Questions de transformation- 25 mai 2018

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Moojan Asghari : « l'IA est une révolution de la condition humaine »
Entrepreneuse, militante, conférencière, féministe, influenceuse, experte : Moojan Asghari est inclassable. Passionnée par les impacts des nouvelles technologies sur la société, cette iranienne installée à Paris est une geek intello et engagée qui assume ses combats.

Cofondatrice de Startup Sesame, programme européen qui accompagne les startups dans certains des plus gros événements technologiques et première plateforme de conférences tech en Europe, cofondatrice de Women in AI, première communauté internationale de femmes luttant contre les disparités homme-femme dans l'intelligence artificielle, fondatrice de Silk Road Startup, la plus grande conférence tech internationale en Iran, la diplômée de l'EDHEC Business School est aussi, depuis janvier 2018, Hacking House Project Manager chez Sigfox, le premier opérateur télécom mondial de l'Internet des objets. Son rôle ? « Aider Sigfox à trouver des solutions innovantes, à les tester et à les prototyper plus rapidement », décrit Moojan Asghari.

Pour elle, l'IA n'est pas une simple révolution industrielle. Parce qu'elle va également être « une révolution de la condition humaine qui va être massive et qui va croître à un rythme exponentiel, de par la nature même de l'IA. Deux impacts majeurs sur l'éducation méritent d'être soulignés. Premièrement, les machines vont être de plus en plus intelligentes et remplacer bon nombre de métiers aujourd'hui (encore) dits qualifiés. Demain, les machines remplaceront les radiologues, par exemple. Nous avons donc besoin d'anticiper et d'avoir une compréhension fine des nouveaux métiers à venir afin d'adapter les filières métiers en fonction. Par ailleurs, je pense que nous devrions autant nous focaliser sur la dimension éthique de l'IA que la dimension technique de l'IA à l'école. Il faut que les élèves apprennent à créer de l'IA mais qu'ils soient aussi capables de l'évaluer, de la mesurer au regard d'un code éthique de l'IA, encore à définir aujourd'hui. Il faut que les étudiants réfléchissent au sens des applications IA qu'ils vont créer, ce sont bien des outils pour servir l'humanité et non pas une finalité », développe-t-elle.

Comme toutes les technologies, l'intelligence artificielle projette les valeurs et les croyances de ses créateurs, c'est-à-dire nous, les êtres humains. « Et si son créateur est biaisé, il transmettra ce biais. Ainsi, les décisions prises par l'IA seront automatiquement biaisées et ce phénomène ne sera que répété, amplifiant davantage le biais humain initial », insiste également Moojan Asghari. Le message est clair. Et la mise en garde cruciale.
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Olivier Macard

associé EY, en charge du secteur Distribution et Consommation pour la France
Entre euphorie et agonie, la distribution contrainte à une mue brutale
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