Pierre-Emmanuel Grange, entrepreneur de l'engagement solidaire

La rédaction de Questions de transformation- 26 octobre 2018

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Pierre-Emmanuel Grange, entrepreneur de l'engagement solidaire
Les voyages forment la jeunesse mais il inspire aussi des aventures entrepreneuriales. C'est dans le confort d'une vie d'expatrié au Mexique que Pierre-Emmanuel Grange, fondateur il y a dix ans de microDON, découvre le concept de micro-don. « J'ai voulu le faire connaître en France en allant promouvoir l'idée auprès notamment des ONG, mais on me disait "c'est super, revenez quand ça marche". Devant le manque d'enthousiasme au développement du concept, j'ai décidé de créer moi-même une organisation pour porter cette initiative », nous explique le diplômé d'emlyon business school. Le problème, c'est qu'en 2008, la crise financière plombe la conjoncture.

« Les premières années ont été très difficiles, elles ont demandé des sacrifices sur ma vie personnelle. J'ai dû vivre en mode système D. Il y a dix ans, l'entrepreneuriat social existait à peine et la RSE en était à ses balbutiements, et dans ce contexte, pour le micro-don, il s'agissait carrément de créer un marché », se rappelle l'ancien project leader de GE Money Bank. Au final, il faudra dix ans à cet ardent défenseur de l'engagement solidaire pour créer en France les contours d'un marché, qui se dessine mais n'est pas encore mature. Aujourd'hui, microDON vit son changement d'échelle avec 1 million d'actes mensuels enregistrés. « En France, en 2017, 10 millions d'actes ont été recensés, trois fois plus qu'en 2016, qui était en croissance "fois deux" par rapport à 2015 », précise le président de la startup parisienne agréée ESUS aux 20 employés, présente dans 17 enseignes et 3 000 magasins, mais aussi 100 groupes et grandes entreprises, soit 200 000 salariés concernés.

« Nous gagnons de l'argent en vendant des prestations de services d'accompagnement aux entreprises. Chez nous, 100 % du don est reversé, nous ne prenons aucune commission dessus », confie le trentenaire passé par PlaNet Finance, persuadé que l'engagement solidaire constitue un bon levier pour développer une culture de l'engagement plus globale en entreprise. « Nous avons deux marchés : le retail, avec l'acte en caisse, et le RH, avec le don sur salaire. À la différence des plateformes de financement participatif auxquelles nous ressemblons, nous réussissons à prélever le don automatiquement sur la fiche de paie. On a cette force d'être connectés aux systèmes informatique des grands groupes, donc d'avoir développé une vraie compétence en interfaçage. Au départ, c'était pour collecter des arrondis sur les feuilles de salaire. Puis on nous a demandé de créer une plateforme d'engagement solidaire qui gérait les mécénats financiers et de temps. C'est un guichet unique d'entreprise pour permettre aux salariés de gérer leurs engagements mécéniques en argent et en temps », développe le fondateur de microDON. 


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Olivier Macard

associé EY, en charge du secteur Distribution et Consommation pour la France
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