Sajida Zouarhi, la blockchain dans la peau

La rédaction de Questions de transformation - 06 décembre 2018

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Sajida Zouarhi, la blockchain dans la peau
Comprendre la blockchain pour l'expliquer peut parfois susciter des vocations. Alors qu'elle fait une thèse chez Orange Labs sur la traçabilité et l'intégrité des données critiques, Sajida Zouarhi se retrouve à devoir évangéliser les équipes de l'opérateur français. C'est le début d'une passion. « Nos collègues d'Orange Silicon Valley s'intéressaient à la blockchain car ils avaient détecté des startups américaines qui utilisaient la technologie. J'ai donc passé deux semaines à faire une synthèse. Sauf qu'après ça, je ne me suis jamais arrêtée de m'intéresser au sujet », se souvient la fondatrice du Blockfest, un festival pédagogique des blockchains. Bien décidée à avoir une vision concrète de la technologie, cette ingénieure de formation participe en 2015 à son premier hackathon en Irlande : « C'est là que j'ai créé Kidner, un projet social impact visant à faciliter le don de reins croisé grâce à la blockchain. » Son idée ? Une plateforme mondiale qui permet de trouver des compatibilités entre donneurs et receveurs de reins.

« La blockchain est décentralisée, elle ne demande pas de stocker toutes les données dans un seul pays. Cela en fait un formidable outil de gouvernance partagée, et ouvre la voie à de nombreuses applications pouvant avoir un impact social à l'échelle locale comme à l'échelle mondiale », s'enthousiasme la présidente du eHealth and Blockchain Think Tank. En parallèle de sa plateforme de MedTech, la cofondatrice de l'association Chaintech assume son rôle d'ingénieure blockchain pour le géant américain ConsenSys, « où mon travail consiste à permettre aux développeurs d'applications décentralisées d'implémenter des architectures respectant la Privacy by Design (protection de la vie privée dès la conception, ndlr) ». Devenue fièrement un modèle pour les jeunes femmes désireuses de s'épanouir dans un milieu encore très masculin, l'instigatrice de Looking for Satoshi, un compte Instagram sur lequel elle partage les initiatives blockchain qu'elle découvre, espère faire naître des vocations : « Parfois, je me dis que ma personnalité m'aide car les femmes qui ont plus de mal à s'affirmer peuvent se faire écraser. Quand je commence à poser une question pour entamer la discussion, on me donne une réponse simpliste, parce qu'évidemment il faut se mettre à mon "niveau". J'observe avec beaucoup d'amusement les visages de mes interlocuteurs se transformer lorsque je commence à entrer dans le vif du sujet. »
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