Découvrez-en plus sur notre page Facebook
Souscrire à la newsletter hebdomadaire

Édition du vendredi 22 juin 2018

0
0
0
ON EN PARLE
Section

Sur la Croisette, la pub s'interroge mais reste créative

Partager sur twitter Partager sur LinkedIn Partager sur facebook Partager par mail

ImageArticle

La grand-messe annuelle mondiale de la créativité publicitaire et marketing, les Cannes Lions, a accaparé la Croisette azuréenne toute la semaine. Cible de vives critiques inédites l'an dernier, notamment pour l'inflation de ses coûts, le Festival international de la créativité a dû revoir sa copie pour rester un passage obligé des publicitaires. Après avoir annoncé en juin 2017 sa décision de se retirer pendant un an de la course aux prix créatifs pour consacrer tous ses moyens à sa plateforme d'intelligence artificielle Marcel, Arthur Sadoun, CEO de Publicis, avait crevé un abcès sur le point d'éclater. Publicis s'est finalement rendu à Cannes, mais l'importance des Cannes Lions n'a jamais été autant chahutée. « Est-il encore réellement crucial de se rendre cette année à la 65e édition des Cannes Lions ? », interrogent Les Echos. « Cannes est devenu trop gros, trop cher, trop long, avec un jury coupé de l'évolution du marché », s'agace Martin Sorrell, ex-CEO de WPP, numéro un mondial de la communication. « Cannes était une boîte à idées. C'est devenu une cash-machine », constate Jacques Séguéla dans le quotidien économique. Sentant le vent tourner, l'organisateur Ascential Events a opéré des changements, histoire de réduire les dépenses des participants. « Surtout, mesure symbolique, "il n'y aura quasiment plus de jurés issus de Google ou de Twitter dans les jurys créatifs, comme c'était le cas l'année dernière", assure Jacques Séguéla, "ils ont remis les GAFA à leur place" », précisent Les Echos.

Avec ses 20 000 festivaliers, ses 24 catégories, ses 41 170 dossiers de candidature déposés en 2017, Cannes Lions s'est métamorphosé mais, malgré les agacements, le festival reste La Mecque de la créativité publicitaire. C'est sur la Croisette que sont jugés les plus grands créatifs du monde. Pour le rappeler, « l'organisateur a sélectionné six campagnes parmi les plus innovantes en lice pour cette 65e édition », rappelle le site e-marketing, qui passe en revue les lauréats. Comme la campagne #ScaryClownNight de Burker King Royaume-Uni pour Halloween 2017, qui a généré 2,1 milliards d'impressions en ligne et entre 15 et 21 % d'augmentation du trafic en restaurant.

Les Cannes Lions sont aussi pour certains mastodontes du Web un rendez-vous commercial et de relations publiques primordial. C'est le cas pour Reddit. Malgré ses 300 millions d'utilisateurs, la plateforme peine à attirer les annonceurs. Présente à Cannes, Jen Wong, sa chief operating officer, s'est confiée dans le podcast du média spécialisé Digiday. Pour résumer, « la pub est pour nous un gros business parce que nous avons tout ce qu'elle recherche : un bouche-à-oreille authentique, une communauté sincère et active, un engagement profond. Les annonceurs ne peuvent plus l'ignorer ». Et Jen Wong est sur la Côte d'Azur pour le marteler. 

ON EN PARLE
Section

Le meilleur de Viva Technology 2018

Partager sur twitter Partager sur LinkedIn Partager sur facebook Partager par mail

ImageArticle
Voir notre portofolio ...
LE MILLENNIAL DE LA SEMAINE
Section

Andréas Georgiou, l'entrepreneur qui fait entrer la pub au théâtre

Partager sur twitter Partager par mail

ImageArticle

« Ô rage ! ô désespoir ! ô publicité ennemie ! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? » Voilà ce que pourrait donner une nouvelle version du Cid réécrite par un Pierre Corneille forcément outré par l'arrivée de la pub sur les planches. Le big bang culturel est signé ODW Régie, qui depuis le 5 mars 2018 a fait entrer son offre de publicité premium dans huit théâtres parisiens. Derrière cette révolution se cache le trentenaire Andréas Georgiou, président d'ODW Régie et cofondateur de l'agence digitale ODW, née en 2012. « La publicité existe déjà au théâtre, sous la forme d'écrans ou d'affichage. Certains théâtres étaient déjà familiers avec ce concept, puisqu'il existait jusque dans les années 70, mais présentait des contraintes techniques importantes puisque les pubs étaient sur bobine », assume cet Alsacien titulaire d'un master en Entrepreneuriat de Neoma Business School. Chez lui, entreprendre est naturel. Inné. « J'ai toujours eu cette fibre, j'ai plein d'histoires à raconter sur mes premiers business quand j'étais tout petit. Ma mère les racontera mieux, c'est elle qui recevait les appels des parents d'élèves ou du proviseur », nous confie-t-il. Sa devise ? « Oser tout remettre en jeu à n'importe quel moment de ma vie. »

Avec ODW Régie, qui accompagne des artistes comme Jamel Debbouze, Malik Bentalha ou Kev Adams, il l'applique à toute une industrie. « Avec cette offre, qui a été pensée depuis un an et demi au fil des rencontres avec les directeurs de salle et producteurs de spectacles, il s'agit avant tout d'un moyen de financement supplémentaire pour donner l'opportunité aux théâtres privés de développer une offre culturelle plus diverse. Les bandes-annonces sont également un formidable moyen de faire revenir les spectateurs voir d'autres spectacles, et donc de promouvoir l'offre culturelle et théâtrale », explique ce passionné de surf et de saxophone. Il l'avoue, « j'ai toujours eu et j'ai toujours mille rêves, mais ils ont tous en commun le fait d'être libre de mon temps ». Cette liberté, il y a goûté outre-Atlantique, où se sont construites les prémices d'ODW, « lors d'un séjour aux États-Unis et au Canada pour un stage et un échange universitaire. J'avais un trou de trois mois avant ma dernière année et j'ai commencé à chercher tout ce que je pouvais faire pour gagner de l'argent en ligne et financer ces vacances. Je suis passé par tout, traductions, articles, vidéos, et j'ai passé trois mois entre la côte Ouest et New York. Alexandre Vernier, mon associé avec qui j'ai fait une partie de ce voyage, faisait pareil de son côté. Quand on est rentrés en France pour notre dernière année, on s'est mis en colocation et on a monté une petite structure pour continuer à se faire de l'argent de poche tout en montant sur des projets plus gros. Je bossais sur un autre projet, lui avait décroché un CDI en finance, mais avec ODW qui continuait à grandir, on a décidé sur un coup de tête de s'installer à Paris et de tenter l'aventure à temps plein ». Aujourd'hui, ODW Régie a déjà signé avec 16 salles à Paris et annoncera une nouvelle vague à la rentrée. Andréas Georgiou a beau vouloir « toujours plus », c'est son mantra, il refuse la croissance à tout prix : « On prépare le terrain pour la suite, mais priorité à la durée. Je ne suis pas trop de la génération qui a comme repère de réussite une levée de fonds sur business plan ou une campagne d'affichage dans le métro. J'ai envie de construire des choses durables avec des personnes épanouies. »

{POPUP_CONTENT}