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Édition du vendredi 08 décembre 2017

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ON EN PARLE
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Legal Tech : le Big Data et l'intelligence artificielle au service des juristes

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La France de la Legal Tech s'est donnée rendez-vous les 6 et 7 décembre pour la deuxième édition de son Village. Conjointement organisé par Open Law et Le Village de la justice, le salon met en avant les acteurs impliqués dans des démarches d'innovation et proposant des technologies appliquées au Droit. Dans une tribune publiée sur le site de Carrières Juridiques, le cofondateur d'Open Law, une initiative à la confluence des Legal Tech, Civic Tech et Reg Tech, rappelle justement que la transformation numérique ne doit pas s'apprécier à l'échelle d'une organisation, mais d'un écosystème. Lancée il y a maintenant un peu plus de trois ans sous l'impulsion de la DILA, d'Etalab, de l'OWF et de la NUMA, l'association chantre du droit ouvert accompagne une innovation ouverte, inclusive, collaborative et éthique. « Des animosités se sont cristallisées entre professions réglementées et nouveaux acteurs dans un nouvel environnement parfois perçu comme en voie de "dérégulation sauvage", d'"ubérisation", voire tout simplement comme un terrain de "braconnage 2.0". C'est dans ce contexte qu'Open Law a ouvert la discussion entre tous ces acteurs au travers de méthodes d'ouverture, d'échange et de co-création. L'un des fruits particulièrement intéressants de cette collaboration est la rédaction d'une "Charte éthique, pour un marché du Droit en ligne et ses acteurs", fédérant aujourd'hui plus d'une centaine de signataires, incluant des personnes publiques, des entreprises privées, des professions réglementées et des start-up du numérique », écrit le cofondateur et président d'Open Law, Benjamin Jean.

Dans Les Echos Executives, le très jeune cofondateur du logiciel Doctrine, Nicolas Bustamante – dont « Questions de transformation » a déjà dressé le portrait – constate, lui, que les juristes se mettent en ordre de marche pour tirer profit de la mutation digitale du marché du droit. « La disruption du marché du droit n'est toutefois pas à rechercher du côté des activités de niche. La véritable transformation s'opère du côté des professionnels du droit et de leur synergie avec les start-up. En effet, la seconde vague de Legal Tech met l'accent sur la complémentarité entre le professionnel du droit et l'intelligence artificielle qui, bien loin de remplacer le travail à forte valeur ajoutée par des robots, permet l'automatisation des tâches les plus simples. Cette dynamique s'inscrit dans l'exploitation massive des données du "Big Data juridique" grâce à l'intelligence artificielle, pour reprendre les mots du premier président de la Cour de cassation, Bertrand Louvel », argumente le président du « Google du droit ».

La percée des start-up de Legal Tech en France se confirme dans le montant des levées de fonds. C'est bien simple, 2017 constitue une année record pour les jeunes pousses spécialisées dans les services juridiques. Le 6 décembre, Captain Contrat, la plate-forme dédiée aux TPE et PME, a annoncé avoir clôturé un tour de table de 4 millions d'euros auprès du fonds d'investissement CapHorn Invest, du fonds F3A géré par bpifrance et de plusieurs business angels. Fondée fin 2013 par deux frères, Philippe et Maxime Wagner, Captain Contrat « s'appuie sur le développement de technologies d'automatisation et d'analyse de documents juridiques et sur l'expertise d'une centaine d'avocats et de juristes. Et aujourd'hui, 6 000 entreprises font appel à ses services », explique Les Echos Entrepreneurs. « Notre clientèle ? Les boîtes qui se créent n'ont pas beaucoup d'argent et n'ont jamais travaillé avec un avocat. C'est chronophage et compliqué pour elles. Elles ont besoin d'accompagnement. Une fois qu'elles se développent, elles vont avoir des problématiques de plus en plus complexes et faire appel à notre marketplace d'avocats et nos différentes prestations », développe Maxime Wagner sur le site du quotidien économique.

MATIÈRE À DÉBAT
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« La réforme de l'Etat doit être davantage portée et incarnée par le politique »

Entretien : Arnauld Bertrand et Guéric Jacquet - associés EY service public et Strategy
« La réforme de l'Etat doit être davantage portée et incarnée par le politique »

Lancé par l'exécutif en octobre dernier, le Comité Cap 2022 a engagé une réflexion pour définir les principaux chantiers qui seront lancés au cours du quinquennat. Le gouvernement veut aller vite. Sa volonté de moderniser le fonctionnement de l'action publique est forte. S'il veut pérenniser le modèle social français, que fragilise la situation des finances publiques, le gouvernement doit agir.

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LE MILLENNIAL DE LA SEMAINE
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Caroline Flaissier, une CDO convertie à l'open innovation

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« Grâce au digital, the sky is the limit! » En s'appropriant une expression anglo-saxonne glorificatrice de potentiel, Caroline Flaissier adoube la transformation avec l'enthousiasme d'une Chief Digital Officer, qu'elle est depuis décembre 2016 chez Total. Arrivée en mars 2008 chez le supermajor français du pétrole et du gaz, la diplômée de l'université Paris VI et de l'école nationale supérieure des Mines de Nancy a toujours eu la volonté de disrupter en composant avec les codes d'une entreprise qui a fait de l'open innovation le moteur de son développement.
« Le digital est en train de transformer totalement la manière dont on vit, dont on travaille, dont nos clients et nous-mêmes consommons. C'est une opportunité de réinventer nos business. Prendre part à cette transformation est fantastique, car on permet aux gens de s'affranchir de contraintes qui étaient là depuis des années, d'atteindre très vite une échelle d'intervention colossale », nous assure la récente lauréate du prix Next Leaders Awards dans la catégorie Numérique.
Élevée dans des valeurs d'honnêteté, d'ouverture, de travail « qui sont fondamentales aujourd'hui pour moi », elle a découvert les vertus de l'ouverture à la fac. « Je n'aimais pas beaucoup le système scolaire, que je trouvais très rigide, peu ouvert. À l'université, c'était très différent, j'ai découvert un monde plus ouvert, où il pouvait y avoir plusieurs bonnes solutions. Je m'y suis beaucoup plu. En définitive, ce sont beaucoup ces valeurs d'intégrité, d'ouverture, et l'envie d'avoir de l'impact qui ont guidé la plupart de mes choix professionnels et qui continuent de le faire », nous confie celle pour qui son métier « est de créer du liant, de connecter les personnes, les idées. Dans le fond, je propose aux collaborateurs de s'amuser en travaillant différemment ».

Ingénieur de formation, elle assure avoir toujours été chez Total dans des postes liées à la transformation. Aux Echos, elle déclarait récemment que « l'open innovation contribue à casser cette verticalité. Le paradigme est différent. Les collaborateurs ne répondent plus à une commande d'un patron. Ils sont dans la co-création avec un partage de points de vue nouveaux ». Convaincue qu'être sous contrainte constitue un moment clef pour se réinventer, Caroline Flaissier a dû composer avec le sexisme dans une industrie d'hommes, « mais les choses évoluent petit à petit. Il le faut, la diversité est selon moi un vrai levier de performances pour les entreprises, à tous les niveaux ». Rester toujours très positive en toutes circonstances est dans son ADN. C'est ce qui lui permet de porter un regard citoyen sur l'écologie. « C'est le premier défi de nos sociétés au sens large, pas seulement des géants de l'énergie. Dans quel monde vivront nos enfants ? Comment les sociétés humaines pourront-elles faire face au changement climatique ? »

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