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Édition du vendredi 13 avril 2018

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ON EN PARLE
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L'économie sociale et solidaire repense le modèle entrepreneurial

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Il y avait la French Tech, place désormais à la French Impact, une nouvelle bannière nationale voulue par le gouvernement pour fédérer une communauté et valoriser la diversité des acteurs de l'innovation sociale. Si l'innovation sociale est un levier majeur pour la transformation durable de la France, c'est aussi qu'une nouvelle page s'ouvre pour l'économie sociale et solidaire (ESS), qui va servir de modèle pour une transition en profondeur du modèle entrepreneurial. Pour permettre à l'ESS de changer d'échelle, l'exécutif a ainsi créé un accélérateur d'innovation sociale, comme l'explique au site Novethic Christophe Itier, haut-commissaire à l'économie sociale et solidaire : « Je souhaite redonner des marges de manœuvre et la capacité d'initiative aux acteurs sur le terrain. C'est un changement de paradigme inédit, car nous passons d'un État-providence à un État qui fonctionnerait comme une pépinière, où nous redonnons toute la place à la société civile qui a fait ce que sont nos politiques sociales aujourd'hui. L'ESS doit ainsi pouvoir irriguer l'ensemble des politiques publiques. »

C'est justement pour repenser ce que les entreprises pourraient – ou devraient – être à la lumière des récentes évolutions sociétales, économiques, politiques et écologiques, que l'État prépare le projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises). Cette réforme de l'entreprise semble annoncer la fin des dichotomies entre entreprises dites classiques et entreprises de l'ESS, explique  The Conversation : « Les recommandations du rapport Notat-Senard sur "l'entreprise objet d'intérêt collectif", qui sont venues le 9 mars 2018 alimenter le projet de loi Pacte répondent d'une certaine manière à une quête de sens pressante de la part des acteurs de l'entreprise. La prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux, l'ouverture de réflexions sur la "raison d'être" des entreprises, l'augmentation de la représentativité des salariés dans les conseils d'administration sont des mesures qui permettraient d'atténuer le clivage entre les entreprises et la société dans son ensemble, en alignant leur raison d'être vers des objectifs communs, bénéfiques à tous. »

En façade de l'ESS, il y a la fameuse Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Son développement reste subordonné à une prise de conscience globale. « Les jeunes millennials veulent comprendre pourquoi ils travaillent, qu'est-ce que leur apporte telle ou telle entreprise et comment elle se comporte vis-à-vis de son environnement comme des pratiques sociales », affirme ainsi dans Le Monde Jonas Haertle, qui dirige le programme Principles for Responsible Management Education (PRME) de l'ONU, des enseignants-chercheurs issus de près de 700 business schools dans le monde (dont 32 en France). Parce que beaucoup des jeunes diplômés veulent aller plus loin que seulement bien gagner leur vie et cherchent des entreprises qui donnent du sens, le chercheur français Jean-Christophe Carteron a créé le Sulitest, une sorte de TOEFL de la RSE que passent tous les étudiants de l'école Télécom EM, par exemple. « C'est un superbe outil qui intéresse également beaucoup les entreprises. Il faut que la RSE soit partout. Pas seulement une fonction à part, mais une exigence transversale », remarque Jonas Haertle.

Pour mettre en perspective les différentes mesures proposées ou en discussion concernant l'ESS, EY lui a dédié un livre blanc publié le mois dernier, sous la direction de Philippe-Henri Dutheil, associé EY Société d'Avocats, responsable national du secteur « Économie sociale et solidaire » et ancien Bâtonnier du Barreau des Hauts-de-Seine.

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MATIÈRE À DÉBAT
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« Mobiliser la société civile devient un enjeu majeur pour recréer un socle commun »

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Entretien : Axel Dauchez - fondateur de Make.org
« Mobiliser la société civile devient un enjeu majeur pour recréer un socle commun »

Les Civic Tech s'appuient sur la mobilisation citoyenne pour améliorer la société. Ces plateformes participatives permettent aux citoyens de s'engager dans de nouvelles interactions, plus représentatives de leurs véritables aspirations ou davantage en phase avec leur vécu. Grâce au développement des énergies collectives, la société civile peut prendre toute la part qui lui revient dans la construction d'un monde en pleine évolution.

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LE MILLENNIAL DE LA SEMAINE
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Nicolas Pereira, la finance d'impact pour changer le monde

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Pour changer le monde, il faut revoir la manière dont on le finance. Plus qu'une punchline marketing, ce postulat pose, depuis février 2017, les fondations de Solylend, plateforme de crowdlending entièrement dédiée à l'économie sociale et solidaire. Lancée par le Bordelais Nicolas Pereira, 26 ans, la startup répond à une problématique au cœur de l'engagement social de son fondateur : « Comment peut-on espérer améliorer le monde si ce qui lui permet de tourner, ou en tout cas d'essayer de tourner, ne change pas. La finance doit être au cœur de la transformation de nos modèles de production. »

Fils d'un père ouvrier et d'une mère employée de mairie, ce diplômé de l'université Bordeaux 3 et de l'IDRAC a grandi dans le respect de la morale et de l'éthique, « des valeurs fondamentales quand on vient d'un milieu populaire et qui m'imprègnent aujourd'hui fortement dans ce que je fais ». Après un an chez Erma Electronique sur le bassin d'Arcachon, ce chantre de la finance d'impact découvre chez Sunna Design un nouveau monde. Chargé d'affaires international pour la jeune startup française spécialisée dans le développement, la fabrication et la vente de solutions d'éclairage autonome, Nicolas Pereira arpente l'Afrique et devient convaincu du « besoin de connecter deux mondes : le Sud, avec des besoins en financement colossaux pour accompagner le développement, et le Nord, où des millions de personnes cherchent à donner du sens à ce qu'elles font. Et donc à ce qu'elles financent ».

Enrichi dans sa réflexion par cette première aventure entrepreneuriale – « travailler au sein d'une startup internationale, qui grandit très vite, c'est très formateur » –, il lance Solylend, qu'il définit comme une plateforme engagée. « Nous finançons des projets qui ont du sens, qui changent la vie des gens », se réjouit-il avec fierté. Après 6 mois d'activité, la startup a réalisé un peu plus de 30 000 euros de chiffre d'affaires, générant ses revenus essentiellement via des commissions prélevées sur les montants levés. Le jeune patron est persuadé que Solylend doit devenir un acteur global de la finance responsable.

« Après avoir été spécialement un outil Nord-Sud, nous voulons être aussi un outil Nord-Nord. Financer des projets d'impact directement en France ou en Europe, parce que cela répond aux envies de notre communauté, mais aussi parce que le besoin est présent. Pour lui, il y a même, je crois, une urgence à agir. On a tous de l'épargne. Lorsque je choisis d'épargner sur un produit je ne sais rien, je vote pour le monde dans lequel je vis et dans lequel je veux vivre, d'une certaine façon. Je crois que c'est ce schéma qu'il faut déconstruire, pour placer au centre de tous les projets la notion d'impact positif avant tout, sans oublier l'aspect rendement que les gens attendent dans un placement », plaide-t-il.

L'avenir de sa plateforme, Nicolas Pereira y pense déjà et la voit devenir une banque éthique et en ligne. « C'est ce qu'attend une grande partie des millennials, qui sont nombreux à être inscrits sur Solylend alors même qu'ils ont peu d'épargne à investir », argumente ce petit-fils de grands-parents d'origines espagnole et portugaise, « très reconnaissants envers la France qui les a accueillis. C'est aussi ça qui me rend très attaché à l'envie d'entreprendre ici, de faire bouger les choses. C'est un peu comme si j'étais redevable ».

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