L'économie sociale et solidaire repense le modèle entrepreneurial

La rédaction de Questions de transformation- 12 avril 2018

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L'économie sociale et solidaire repense le modèle entrepreneurial
Il y avait la French Tech, place désormais à la French Impact, une nouvelle bannière nationale voulue par le gouvernement pour fédérer une communauté et valoriser la diversité des acteurs de l'innovation sociale. Si l'innovation sociale est un levier majeur pour la transformation durable de la France, c'est aussi qu'une nouvelle page s'ouvre pour l'économie sociale et solidaire (ESS), qui va servir de modèle pour une transition en profondeur du modèle entrepreneurial. Pour permettre à l'ESS de changer d'échelle, l'exécutif a ainsi créé un accélérateur d'innovation sociale, comme l'explique au site Novethic Christophe Itier, haut-commissaire à l'économie sociale et solidaire : « Je souhaite redonner des marges de manœuvre et la capacité d'initiative aux acteurs sur le terrain. C'est un changement de paradigme inédit, car nous passons d'un État-providence à un État qui fonctionnerait comme une pépinière, où nous redonnons toute la place à la société civile qui a fait ce que sont nos politiques sociales aujourd'hui. L'ESS doit ainsi pouvoir irriguer l'ensemble des politiques publiques. »

C'est justement pour repenser ce que les entreprises pourraient – ou devraient – être à la lumière des récentes évolutions sociétales, économiques, politiques et écologiques, que l'État prépare le projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises). Cette réforme de l'entreprise semble annoncer la fin des dichotomies entre entreprises dites classiques et entreprises de l'ESS, explique  The Conversation : « Les recommandations du rapport Notat-Senard sur "l'entreprise objet d'intérêt collectif", qui sont venues le 9 mars 2018 alimenter le projet de loi Pacte répondent d'une certaine manière à une quête de sens pressante de la part des acteurs de l'entreprise. La prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux, l'ouverture de réflexions sur la "raison d'être" des entreprises, l'augmentation de la représentativité des salariés dans les conseils d'administration sont des mesures qui permettraient d'atténuer le clivage entre les entreprises et la société dans son ensemble, en alignant leur raison d'être vers des objectifs communs, bénéfiques à tous. »

En façade de l'ESS, il y a la fameuse Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Son développement reste subordonné à une prise de conscience globale. « Les jeunes millennials veulent comprendre pourquoi ils travaillent, qu'est-ce que leur apporte telle ou telle entreprise et comment elle se comporte vis-à-vis de son environnement comme des pratiques sociales », affirme ainsi dans Le Monde Jonas Haertle, qui dirige le programme Principles for Responsible Management Education (PRME) de l'ONU, des enseignants-chercheurs issus de près de 700 business schools dans le monde (dont 32 en France). Parce que beaucoup des jeunes diplômés veulent aller plus loin que seulement bien gagner leur vie et cherchent des entreprises qui donnent du sens, le chercheur français Jean-Christophe Carteron a créé le Sulitest, une sorte de TOEFL de la RSE que passent tous les étudiants de l'école Télécom EM, par exemple. « C'est un superbe outil qui intéresse également beaucoup les entreprises. Il faut que la RSE soit partout. Pas seulement une fonction à part, mais une exigence transversale », remarque Jonas Haertle.

Pour mettre en perspective les différentes mesures proposées ou en discussion concernant l'ESS, EY lui a dédié un livre blanc publié le mois dernier, sous la direction de Philippe-Henri Dutheil, associé EY Société d'Avocats, responsable national du secteur « Économie sociale et solidaire » et ancien Bâtonnier du Barreau des Hauts-de-Seine.
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