La Coupe du monde, vitrine du foot-business

La rédaction de Questions de transformation- 29 juin 2018

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La Coupe du monde, vitrine du foot-business
Comme si la Coupe du monde était un alibi idoine pour dresser tous les quatre ans le portrait du football business – avec ses vérités, ses chiffres, ses débats et ses polémiques –, le plus grand raout sportif mondial de la planète induit une pelletée de questions économiques. Notamment sur les investissements réalisés par les stars retraitées du ballon rond. « Ils ont un véritable intérêt, pour une raison très simple : la carrière des joueurs est éphémère. Ce qu'ils gagnent aujourd'hui, ils ne le gagneront pas demain. Et pour éviter une reconversion qui se passe mal, ils ont tout intérêt à faire des investissements qui viendront, le jour où ils arrêteront leur carrière, leur apporter des revenus complémentaires pour subvenir à leurs besoins », explique Guillaume Lucchini, directeur de la société Scala Patrimoine, sur le site de LCI. Avec des revenus exponentiels, les champs d'investissement sont larges. « On pense d'abord au prêt-à-porter, à l'instar de Cristiano Ronaldo, à la tête de sa propre marque de sous-vêtements "CR7". Idem pour son prédécesseur, l'ex-Galactique David Beckham, et le Français Djibril Cissé, créateur d'une marque de vêtements sportwear baptisée Mr Lenoir », développe la chaîne d'information. LCI cite aussi en exemple Matthieu Flamini, actionnaire de la startup italienne GF Biochemicals, la seule au monde à produire à échelle industrielle l'acide lévulinique, une molécule présentée comme l'un des substituts les plus prometteurs au pétrole.

Quid du business du football généré par ceux qui occupent encore les terrains ? « On parle aujourd'hui d'un club de football comme on parlerait d'une grande entreprise cotée en Bourse. Or si ce milieu endosse, à l'image de la société, les caractéristiques de l'économie mondialisée, il est loin de constituer un business rentable », analysent les économistes Luc Arrondel et Richard Duhautois dans une tribune publiée dans le Journal du CNRS, en partenariat avec le site HuffPost. « Finalement, le football est une des rares activités économiques dans laquelle la distribution de la richesse se fait en faveur des salariés (souvent d'origine populaire), qui ont ainsi un "pouvoir" de négociation sur les propriétaires grâce au non-plafonnement des salaires », relèvent les deux économistes.

La question de la distribution des richesses se posera aussi quand il s'agira de faire les comptes de la grand-messe russe. Qui va finalement profiter le plus de la Coupe du monde ? Le média étasunien CNBC répond. Avec 6 milliards de revenus estimés empochés sur ses comptes bancaires, soit 25 % de plus que lors de la précédente édition, la FIFA, le grand ordonnateur du football mondial, est le gagnant. Les revenus tirés des diffusions télé vont grimper au-delà des 3 milliards. Et pour les équipes, la part du gâteau devrait s'élever à 8 millions de dollars par équipe et un pactole de 38 millions de dollars pour le vainqueur, selon la FIFA. Le média outre-Atlantique rappelle aussi que selon le gouvernement russe, l'événement a injecté entre 26 et 31 milliards de dollars dans l'économie du pays. Rien que la préparation du Mondial a créé 220 000 emplois, toujours d'après les autorités. Dans le même temps, les coûts n'ont cessé de grimper et de dépasser les prévisions initiales, pour atteindre presque 12 milliards, rappelle CNBC.

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