Le meilleur de Viva Technology 2017

Le meilleur de Viva Technology 2017
Les fleurons du CAC 40, 6 000 startups, 68 000 visiteurs… et une promesse de 10 milliards d’euros dédiés aux jeunes pousses faite par le président de la République Emmanuel Macron : la deuxième édition de Viva Technology a tenu ses promesses. Vivement Viva 2018 !

7 Labs au cœur de l'innovation

VivaTech est devenu pendant trois jours le plus grand incubateur du monde. Les plus grands groupes couvaient des startups et montraient leurs propres innovations. Car on peut être une entreprise séculaire et fonctionner aussi comme une startup.

Télévision & réalité virtuelle

TF1 : elle voit la voix comme à The Voice

Grâce à la réalité virtuelle, cette visiteuse de VivaTech est en immersion comme si elle était un coach de The Voice. Elle voit le public et, quand elle décide d'appuyer sur le buzzer, le siège se retourne et elle découvre le candidat qui chante. TF1 Innovation, très présent sur le lab, a développé cette application qu'on peut utiliser chez soi pour simuler les auditions à l'aveugle de l'émission phare du groupe, qui explore la télé augmentée.

Innovation & mobilité

Heure de pointe sur le lab de la SNCF

« VivaTech, c'est la rencontre entre les décideurs et les startups, et pour que ça fonctionne, nous avons préparé ces rencontres en amont », explique Matthieu Jacquier (à gauche), directeur de la stratégie digitale, qui se réjouit d'avoir un des stands les plus fréquentés du salon.

Sur le lab, on trouve des startups incubées et d'autres dans lesquelles la SNCF a investi dans trois domaines, que résume David Leborgne, ex-Google et nouveau CDO à la SNCF (à droite) : « L'expérience client, le collaborateur et les opérations industrielles… Nous avons invité une variété de startups qui racontent toutes une histoire par rapport à ces trois chantiers complémentaires. »

Transport & fibre optique

RATP : elles apportent la lumière (du jour) au fond du tunnel

« On transporte la lumière du soleil dans les espaces qui n'en ont pas », explique Estelle Nguyen, cofondatrice d'Echy. Les rayons sont captés en toitures, concentrés dans la fibre optique et finissent par éclairer une pièce en lumière naturelle.

Quel rapport avec la RATP ? Allez faire un tour à la station Gare de Lyon sur la ligne 14 à la fin de l'année 2017, et vous comprendrez. « Notre startup va éclairer la station, car elle est une des lauréates des challenges de la RATP », raconte Lucie Borel, la responsable com d'Echy. La régie a eu la bonne idée d'accorder de plus grands espaces d'expo sur son lab à des startups avec lesquelles elle expérimentait déjà de nouvelles solutions.

Innovation & finance

BNP Paribas : les Fintech comme à la maison

Pour montrer comment les nouvelles technos se déclinent dans l'habitat, BNP Paribas a fait un effort côté déco. Le groupe a aussi profité de VivaTech pour présenter son écosystème autour des tech avec l'Atelier (innovations de rupture) ou l'Echangeur (innovations technologiques dans le retail).

BNP Paribas a aussi lancé sur son lab #PositiveImpact, pour aider les startups qui trouvent des solutions technologiques et digitales aux grands enjeux mondiaux : la santé, l'éducation, le climat, la nourriture ou l'accès à l'énergie.

Aérien & réalité virtuelle

Air France : au sol mais en vol

Cette expérience de la classe business en réalité virtuelle (et avec des hôtesses comme dans les pubs) était l'un des clous du lab d'Air France consacré aux voyages du futur. Ces simulateurs de voyage seront bientôt dans les agences de voyages, mais la compagnie aérienne se présente aussi comme une championne du numérique.

« Nous sommes le premier e-commerçant français à l'international, devant Vente-Privée », a annoncé à VivaTech Adeline Challon-Kemoun, directrice générale adjointe en charge du marketing, du digital et de la communication.

Innovation & services

Oh my Keys : confiez vos clefs à un postier

La Poste est un tiers de confiance. Alors, on peut lui confier ses clefs. C'est l'idée de Fabrice Plateau (à gauche), l'un des fondateurs de « Oh my Keys ! », une machine qui fait office de consigne de clefs ou de petits objets dans les bureaux de poste. Utile pour un Airbnb, par exemple.

La particularité de cette startup, c'est que le boss est un postier intrapreneur, actionnaire de cette nouvelle filiale. Le lab de la Poste était ainsi l'un des rares à présenter des startups que l'entreprise a elle-même créées…

Hackaton & innovation

Cisco, paradis des makers

Chez Cisco, on trouve le seul lab… qui ressemble vraiment à un labo. 23 des 32 startups présentes prototypaient tout en exposant. La preuve, avec cet atelier de makers (notre photo). « Les 23 sont challengés par nos clients et partenaires sur des problématiques business », explique Ghislain Bourgin qui s'occupe du sourcing des startups chez Cisco.

Le lab de Cisco a ainsi organisé une sorte d'hyper hackaton… ambiance comprise.

Philippe Mihelic

Creative director de
Yellow Innovation,
le lab de La Poste

Crédit photo : Glen Recourt

« Notre objectif est d'aller aussi vite qu'une startup »

Son poste, à La Poste ? Imaginer comment on va parler au client final. Expert de l'expérience utilisateur, Philippe Mihelic dirige le labo de l'innovation de La Poste baptisé Yellow Innovation. Le lieu où 260 000 postiers rencontrent des innovateurs venus d'ailleurs.

Quelles sont les missions de Yellow Innovation ?

Trouver de nouveaux services, produire des expérimentations et des POC (proofs of concept), les exécuter avec la meilleure expérience utilisateur possible. L'idée de Yellow Innovation, c'est de pouvoir travailler en transversale avec tous les métiers. Nous ne sommes donc pas installés dans les locaux de La Poste, de façon à conserver une certaine liberté. Nous accueillons en effet les différentes branches du groupe afin de les associer avec des startups ou des experts externes. Notre objectif est de sortir des prototypes en un minimum de temps pour aller aussi vite qu'une startup.

La Poste est l'une des entreprises les plus impactées par la transformation digitale, des services bancaires au courrier disrupté depuis des années par le mail…

Bien sûr. Nous nous recentrons donc sur notre ADN, qui consiste à rendre des services et simplifier la vie des gens au quotidien. Partir sur cette base nous ouvre un champ d'expérimentation énorme. Nous travaillons sur l'IoT, les objets connectés à la maison, les conciergeries, les livraisons, l'e-commerce, l'aide au développement des petits commerces, la santé, la silver economy…

Parmi toutes les expériences menées avec des startups, qu'est-ce qui a débouché sur des services commercialisés par La Poste ?

Il y a deux semaines, nous avons lancé le service « Talk to Pay », un système de sécurisation par la voix de toutes les transactions financières, lancé par la Banque postale. C'est un des vecteurs les plus sécurisés pour nos clients, au même titre que l'empreinte digitale et bien plus que le code. Au total, à Viva Tech, nous accueillons 58 startups en cours d'expérimentation avec nous. Par exemple, la livraison par drones.

Service que vous avez expérimenté avant Amazon ?

Oui, et nous avons livré « pour de vrai » avant eux aussi. Cela fait six mois que nous avons lancé la première « route aérienne » de livraison par drones dans le Var. Tous les jours, un drone va livrer dans des endroits peu accessibles. Nous avons conçu avec une startup un terminal de livraison sur lequel peut se poser le drone sans blesser personne.

Comment décider si un projet doit être fait en interne ou s'il doit être réalisé en collaboration avec une startup ?

En fait, la réponse est assez simple. Il faut partir de ce que l'on a envie de faire et non pas chercher des startups en se demandant ce que l'on pourrait faire avec elles. À partir du moment où l'on a défini un objectif, on met en place une stratégie. Par exemple, nous voulions aller plus loin dans les systèmes de sécurisation des paiements. Nous avons donc cherché les services qui existaient déjà, et nous sommes demandé si cela valait le coup d'investir en R&D pour quelques années. Dès lors que l'on peut devenir client d'une startup et gagner ainsi des années sur ce sujet, l'arbitrage est vite fait.

Crédit photo : Glen Recourt

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