Le meilleur de Viva Technology 2017

Le meilleur de Viva Technology 2017
Les fleurons du CAC 40, 6 000 startups, 68 000 visiteurs… et une promesse de 10 milliards d’euros dédiés aux jeunes pousses faite par le président de la République Emmanuel Macron : la deuxième édition de Viva Technology a tenu ses promesses. Vivement Viva 2018 !

10 startups prometteuses

Ce ne sont pas toutes de futures licornes, mais ces startups innovent et bouleversent les modèles économiques comme les usages ! Notre sélection des plus créatives, dans quelques secteurs particulièrement bien représentés à Viva Technology : la santé, le bien-être et toutes les nouvelles formes de commerce…

VR et bien-être

Icaros, pour voler en musclant ses abdos

On peut aujourd'hui voler comme Superman et avoir sa carrure ! Icaros est fait pour ça. Ce simulateur de vol en réalité virtuelle est aussi un appareil de fitness qui permet de muscler abdos et pectoraux.

Il est également possible de simuler des plongées et, bientôt, de voler au-dessus des cités… Mais pas se battre avec des méchants volants : « Nous ne voulons pas produire de jeux violents. Des enfants de six ans peuvent voler avec Icaros », confie Philip Ramadani, le directeur commercial de cette startup allemande.

Réalité augmentée et retail

Augment argumente en 3D

La réalité augmentée… augmente aussi les ventes. Cette chaussure est en photo sur un site de e-commerce et en 3D sur la table. Augment intègre la réalité augmentée dans le parcours d'achat. Le client peut ainsi voir le produit dans son environnement en taille réelle et le manipuler. Idéal pour l'e-commerce, « mais, raconte Jean-François Chianetta, cofondateur d'Augment, nous avons des clients comme Coca-Cola, Unilever ou Colgate qui l'utilisent pour montrer des PLV en magasin, ou encore des architectes et des constructeurs qui montrent leurs plans en trois dimensions ».

L'application d'Augment a déjà été téléchargée plus de 3 millions de fois et cette société française est présente dans 36 pays.

Recherche et santé

Alzohis traque Alzheimer

Sur une simple prise de sang, Alzohis peut détecter une maladie d’Alzheimer. Cette startup vient de passer la preuve de concept.

Alzohis va commencer à développer des accords avec des grandes pharmas dans le cadre d’un business model comparable à celui du diagnostic de la trisomie 21 ou celui de l'hépatite C. Et d’autres maladies neurodégénératives pourraient être prochainement diagnostiquées, comme Parkinson.

Robotique et retail

Waldo, le robot à tout faire

Waldo sait rechercher un produit, appeler un opérateur, jouer aux morpions ou même faire un selfie : « On a pu constater que les gens aiment se prendre en photo avec un robot, raconte Laurent Boireau, cofondateur d'Immersive Robotics, mais c'est surtout pour soulager les vendeurs d'un travail répétitif que ce robot a été conçu, par exemple répondre dix fois par jour à la question ‘où sont les toilettes ?'. »

Commercialisé en septembre, ce robot commencera sa carrière à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Et Waldo a d'autres compétences dans ses circuits : inventaire, maintenance, sécurité…

Hologramme et retail

Les hélices à Holo de Kino.mo

« Non, ce n'est pas un ventilateur ! » C'est le cri du cœur de Stéphane Thiébaut, le distributeur de Kino.mo, qui précise : « C'est une hélice à quatre pales, avec des LED qui diffusent une image en 3D et donc un hologramme. » Mais à quoi ça sert ? « À attirer les consommateurs ! Regardez autour de vous… » Et c'est vrai que l'effet bluffant de ces drôles de ventilos ont provoqué un attroupement permanent devant ce corner pendant Viva Tech.

Kino.mo, c'est aussi une prouesse technologique, avec 185 brevets déposés et peut-être un nouveau support inédit pour de nouveaux médias en 3D…

IoT et santé

Glasschair obéit au doigt ou à l'œil

« Les personnes atteintes de tétraplégie ou de certaines maladies comme Parkinson ne sont pas forcément autonomes dans un fauteuil roulant. Ils ne peuvent pas se servir de leur main pour actionner un joystick », explique Konstantin Madaus, cofondateur de Glasschair à Munich.

« Mais nous avons aussi développé une solution pour qu'ils puissent piloter le fauteuil grâce à des Google Glass. » Il suffit de pencher la tête légèrement à droite ou à gauche pour tourner, ou baisser son menton pour stopper, et les lunettes connectées transmettent le mouvement au fauteuil. On peut également s'en servir pour prendre des vidéos, envoyer des e-mails ou passer des coups de fil.

Big data et beauté

Lucette, la conseillère beauté est un algorithme

Lucette est une conseillère beauté en ligne. Sur son site, on remplit un questionnaire qui va déterminer des produits qu'un algorithme recommande.

Tous les algorithmes de Lucette sont d'ailleurs reliés entre eux et les réponses au questionnaire sur la crème de jour enrichissent par la même occasion les données du questionnaire sur les shampoings, car le type de peau influe sur les cheveux.
En deux ans, Lucette a séduit 200 000 utilisatrices actives.

Acoustique et travail

Silent space masque les mots

En open space, les désagréments liés au bruit ne sont pas dus au niveau sonore, mais au fait que les paroles des autres sont intelligibles. Impossible de se concentrer, car on entend des bribes de mot. Frédéric Lafage, le créateur de Silent Space, a inventé des « ondes de discrétion » pour masquer ces sons perturbants : « Le boîtier contrôleur capte et analyse le niveau sonore et les informations. Les boîtiers diffuseurs émettent des signaux pour masquer et filtrer les fréquences de la parole et casser ainsi l'intelligibilité. »

Smart cities et agrobusiness

Les créateurs de Freight Farms ne racontent pas de salades, ils les font pousser

« Chacun de nos containers produit 40 kilos de laitue, de choux et d'herbes aromatiques par semaine », annonce fièrement (et en français) Rick Trenchard, le responsable marketing de Freight Farms, un nouveau concept d'agriculture urbaine.

Pour 85 000 dollars américains, on peut devenir fermier itinérant et vendre sa production, quelle que soit la saison. Plus de 100 fermes circulent dans neuf pays et prochainement en France, en partenariat avec InVivo. Bientôt, d'autres produits viendront enrichir le camion : « Nous sommes en train d'expérimenter les cultures de radis, de poivrons et de fraises », affirme Patrick Joyce, le responsable du développement.

IA et commerce

Tracx & go : le chariot qui remplace les caisses

Edi Bahous, le CTO de TracxPoint, résume le concept de ce « shopping cart » révolutionnaire en quelques mots : « Ce chariot, c'est à la fois une carte de paiement et un système de reconnaissance visuelle des produits sans codes-barres ni QR code, basée sur une intelligence artificielle et le machine learning. »

On imagine sans peine toutes les conséquences possibles de la technologie développée par cette entreprise basée en Floride et en Israël : gain de temps, disparition des files d'attente… et des caissières.

Marion Carrette

Fondatrice de OuiCar

Crédit photo : Glen Recourt

« Nous sommes le dernier maillon de la SNCF »

La SNCF a investi 28 millions d'euros chez OuiCar, le leader de la location de voitures entre particuliers. Rencontre à Viva Technology avec Marion Carrette, la créatrice de cette startup devenue l'une des pépites made in France et un symbole des nouveaux usages de la mobilité.

Comment ça s'est passé avec la SNCF ? Qui a approché l'autre en premier ?

Quand j'ai créé OuiCar en 2012, on a tout de suite levé de l'argent auprès d'Ecomobilité Ventures, le fonds lancé par Orange-Total-SNCF. Donc SNCF était déjà là, même si on ne les voyait pas beaucoup. Fin 2014, j'ai eu l'occasion de dîner avec Guillaume Pepy, qui me raconte alors qu'il a vu une entreprise incroyable aux États-Unis… Or, c'était un de nos concurrents américains ! Je lui ai donc dit qu'en tant qu'actionnaire indirect dans OuiCar, il devrait venir nous voir... Et il m'a prise au mot. On a alors eu l'occasion de lui expliquer là où on voulait aller. De son côté, SNCF a une stratégie autour du porte à porte, y compris dans des gares où il n'y a pas de mobilité à l'arrivée. Nous étions complémentaires. On a trouvé chez SNCF à la fois des gens qui nous apportait de l'argent et une synergie industrielle forte. Pour nous, la gare est un centre névralgique : 30 à 40 % de la location de véhicules se fait en gare ou en aéroport.

Comment préservez-vous votre ADN à côté d'un partenaire aussi imposant ?

On est une startup et on doit le rester. On a émis des règles très claires au début, car si elles ne sont pas respectées, ça ne marchera pas. D'abord, on est complètement indépendants et autonomes. On fait notre vie en dehors de la SNCF. Nous n'avons absolument rien changé au quotidien de la boîte. On travaille dans des locaux sympathiques, on fait très attention au recrutement. Ensuite, on a trois nouvelles personnes au board qui sont des personnes haut placées à la SNCF, Mathias Emmerich et Florence Parly, ainsi qu'une troisième personne, monsieur « porte à porte » à la SNCF, Hervé Richard. C'est lui qui identifie pour nous les opportunités au sein de la SNCF qui deviennent des projets.

Parmi ces projets, il y a OuiCar Connect, une véritable convergence entre les nouvelles technologies mobiles et la tendance de l'automobile partagée…

Ce projet a été lancé en septembre dernier. OuiCar Connect, c'est un boîtier qui s'installe dans la voiture et qui permet de l'ouvrir grâce à son smartphone. Les particuliers nous disaient qu'ils rataient des locations car ils ne pouvaient pas remettre les clefs à une heure près. On propose aussi cette nouvelle ligne de business aux petits loueurs professionnels détenant une flotte de véhicules qui dorment sur un parking. La SNCF est notre dernière cible importante. Nous mettons en location leurs véhicules de service inutilisés le week-end. On considère qu'on peut connecter un tiers de leurs 20 000 véhicules. Les voyageurs qui arrivent en gare peuvent ainsi récupérer une voiture grâce à leur smartphone à l'arrivée du train. Nous venons de commencer avec 200 véhicules sur 14 gares. On vise 100 gares d'ici à la fin de l'année.

Ce partenariat, c'est aussi un symbole des nouveaux usages de l'automobile, qui cesse d'être un produit pour devenir un service, comme un billet de train…

Exactement. Notre objectif n'est pas de rajouter des voitures dans le parc. On a 40 millions de voitures en France, c'est déjà bien assez. C'est plutôt de mieux répartir l'usage entre les personnes. Mais quand on n'a aucune solution de mobilité dans une petite gare, on a tendance à prendre sa voiture plutôt que le train. Pour la SNCF, l'objectif est de remettre les gens dans les trains en leur proposant un parcours fluide de porte à porte dont nous sommes le dernier maillon.

Crédit photo : Glen Recourt

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