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Le meilleur de Viva Technology 2018

Le meilleur de Viva Technology 2018
Les 24, 25 et 26 mai, le futur s'écrivait Porte de Versailles sous les yeux de 100 000 personnes venant de 125 pays. Vivatech 2018 a rassemblé 9000 startups, des dizaines de grands groupes, et montré l'ébullition de l'Afrique des startups. Sur scène, se sont succédés, Mark Zuckerberg, Ginni Rometty, CEO d'IBM, Satya Nadella, CEO de Microsoft, Bernard Arnault, Maurice Levy... De quoi conforter la place de Paris sur le radar de l'innovation !

L’avenir passe par ces 10 startups

Dix startups prometteuses pour brosser le portrait de Vivatech 2018. Cette année, l’Afrique était à l’honneur, à l'image de WeCashUp, prix de la meilleure startup de l'Africa Tech. Le futur devrait aussi voir émerger de nouvelles formes de mobilité avec Gyrolift et Ujet, de la robotique avec Spoon, du retail avec Angus et Holusion. Sans oublier la mode avec Wearable Media, et les énergies renouvelables de ZephyrSolar.

Environnement

Les déchets plastiques, l’or de Coliba

En Côte d’Ivoire et au Ghana, certaines bouteilles d’eau vides se transforment en minutes d’appel, avec l’aide de Coliba.

Avec sa flotte de vélos triporteurs, la startup collecte et échange les déchets plastiques contre des avantages en nature en téléphonie, grâce à un partenariat avec MTN, le plus gros opérateur télécom d’Afrique.

« Nous broyons ensuite les déchets dans nos propres usines, au rythme de plusieurs tonnes par jour, pour préparer leur recyclage, explique Genesis Ehimegbe, qui a fondé l’entreprise en 2016 avec Yaya Koné. Et nous sensibilisons en plus les enfants dans les écoles au recyclage et à la protection de la nature. »

Genesis Ehimegbe, cofondateur de Coliba

Robotique

Spoon, le robot expressif

Un jour, il vous vendra peut-être du champagne ou une assurance, ou saura même vous consoler. Et pourtant, il est « seulement » un bras articulé avec, au bout, sur une tablette, un mignon visage de personnage de dessin animé.

Spoon – Spoonie, comme l’appellent ses créateurs – est un robot non-humanoïde pensé pour l’interaction dans de multiples situations. « Si les robots ressemblent trop à des humains, soit les gens sont déçus car ils en attendent trop, soit ils ont peur car ils s’attendent à se faire remplacer », affirme Jérôme Monceaux, cofondateur et ancien ingénieur d’Aldebaran Robotics, leader français des robots humanoïdes.

Jeudi matin, Spoon a reçu la visite d’Emmanuel Macron.

Jérôme Monceaux, cofondateur de Spoon

Mobilité

Gyrolift, un fauteuil roulant nouvelle génération

C’est un fauteuil roulant qui ne ressemble en rien à un fauteuil roulant habituel. Plus maniable, plus pratique, le siège se verticalise, et il n’a que deux roues.

Sur le principe du gyropode (comme les Segway), Gyrolift a conçu « une solution de mobilité » destinée aux personnes handicapées, mais pas seulement. « Des entreprises, par exemple Enedis, veulent en acheter pour insérer – ou conserver – des personnes malades, blessées ou âgées… », détaille Lambert Trénoras, cofondateur avec Éric Monacelli et Luc Soubielle.

Sur son stand VivaTech, Gyrolift a reçu la visite de la ministre des Armées Florence Parly et le secrétaire d'Etat chargé du Numérique Mounir Mahjoubi.

Lambert Trénoras, cofondateur de Gyrolift

Retail-optique

Holusion fait flotter les images

Faire flotter en l’air une gare ferroviaire pour la vendre. C’est ce qu’a réussi Holusion, créateur d’hologrammes, lors de sa participation, avec Bouygues, à un appel d’offres pour le Grand Paris sur un projet à 500 millions d’euros.

La startup permet aussi à des musées ou des centres commerciaux d’améliorer l’expérience des visiteurs. « Entre un hologramme et un écran, c’est un peu la même différence qu’entre une peinture et une sculpture, décrit Thibaut Guillaumont, cofondateur avec Sébastien Dumetz. Nous avons aussi commencé à travailler avec TNG, une compagnie de théâtre qui utilise des hologrammes depuis plus de dix ans. »

Thibaut Guillaumont, cofondateur de Holusion

Mobilité

Ujet réinvente le scooter urbain haut de gamme

Le scooter, un véhicule lourd, bruyant, polluant ou datant du siècle dernier ?
Ujet lui a redonné sa place dans la révolution technologique. L’entreprise luxembourgeoise a créé un scooter électrique pliant, léger (49 kg pour 50 cc, contre le double habituellement), connecté et au design recherché.

« Nous ne sommes pas une marque de scooter, mais plutôt de haute technologie, qui se concentre pour le moment sur la mobilité urbaine, précise Hugues Després, PDG de Ujet. Nous prévoyons de créer de nombreux services haut de gamme pour accompagner tous nos “Ujeters”. »

Hugues Després, PDG de Ujet

Retail

Angus place l’IA au rayon frais

Les rayons ont désormais des yeux pour se regarder. Angus.ai a créé un algorithme de traitement d’images qui permet, grâce à des caméras, de reconnaître les produits manquants ou mal placés dans les linéaires de la grande distribution.

« Notre solution crée alors un ticket d’anomalie et envoie une notification au responsable de rayon ou de magasin. Notre atout est de garder les données et leur traitement très proche du business », affirme Aurélien Moreau, cofondateur avec Gwennaël Gaté.

L’entreprise travaille déjà avec Leroy Merlin, France Loisirs et d’autres enseignes de la grande distribution.

Aurélien Moreau et Gwennaël Gaté, cofondateur de Angus.ai

Informatique

Adok projette ses écrans tactiles

Pour cliquer, appuyez sur la table. Adok a créé un algorithme qui reconnaît les mouvements de doigts sur un écran projeté sur une surface plane. N’importe qui peut alors transformer sa table, son mur, son parquet en interface informatique.

« Nous rendons plus dynamique des réunions ou des rendez-vous, mais notre solution sert aussi dans des environnements où il est difficile de placer des écrans, comme des chantiers », explique Renan Bourgois, cofondateur avec Paul Péretié et Jimmy Roux.

Le président du Sénégal est passé au stand et s’est montré enthousiaste à l’idée de l’essayer dans des écoles reculées.

Renan Bourgois, cofondateur de Adok

Mode

Wearable Media façonne les vêtements interactifs

Un astéroïde frôle la Terre et voilà que votre tunique se met à vibrer. Vous croisez un groupe de musique dans la rue et votre col s’éclaire au son de leurs instruments. Wearable Media a imaginé ces deux vêtements, et bien d’autres, pétris de technologie et d’imagination.

« Nous aimons la mode mais pas du genre classique », sourit Yuchen Zhang, l’une des fondatrices avec Hellyn Teng et Jingwen Zhu, toutes trois new-yorkaises. À l’avenir, nous voulons travailler beaucoup plus pour des musiciens, explorer toutes les possibilités de connexion entre la musique, la lumière et le vêtement. »

Yuchen Zhang et Hellyn Teng, confondatrices de Wearable Media

Haute technologie

Aryballe imite le nez humain

Quand la machine sent quelque chose, ses capteurs aspirent l’air et les courbes s’animent sur l’ordinateur. Aryballe Technologies a créé un nez humain artificiel, capable d’analyser les odeurs et de les retranscrire en langage informatique.

« Notre innovation a été de placer des molécules biochimiques sur un prisme optique », détaille Tristan Rousselle, l’un des fondateurs. Aryballe travaille déjà avec LVMH pour élaborer de nouveaux parfums, et avec des groupes d’agroalimentaire.

Tristan Rousselle, cofondateur de Aryballe Technologies

Environnement

Zéphyr Solar et ses ballons producteurs d’électricité

Un tsunami vient de ravager l’île de la Réunion, coupant toutes les télécommunications. Zéphyr Solar déploie aussitôt ses plateformes aériennes, et en quelques heures, le téléphone et Internet fonctionnent de nouveau. La startup montreuilloise pourrait bien participer réellement, un jour, à ce scénario catastrophe.

Son équipe a conçu des ballons flottants dans l’air, recouverts de panneaux photovoltaïques ultralégers, qui permettent d’alimenter tous types d’instruments. « Nous pouvons aussi monitorer les feux de forêt, la pollution, les intrusions, la biodiversité…, liste Cédric Tomissi, cofondateur avec Julie Dautel. À terme, nos ballons devraient voler des semaines en autonomie, et jusqu’à 500 mètres de haut. »

Cédric Tomissi, cofondateur de Zephir Solar

Cédric Atangana

cofondateur de WeCashUp

Crédit photo : Virginie de Galzain

« Je veux étendre WeCashUp à tous les pays émergents »

Cédric Atangana a vécu un tournant affectif à VivaTech 2018. Et pas seulement grâce à sa victoire au Prix Emmanuel Macron de la meilleure startup de l’Africa Tech. Rencontre avec le cofondateur de WeCashUp, le leader des interfaces de paiement en Afrique.

Pourquoi la date de VivaTech 2018 est-elle si importante pour vous et pour votre projet entrepreneurial ?

Nous sommes le 25 mai 2018. Il y a 10 ans, jour pour jour, que mon père est mort dans mes bras, à 1 h 50 du matin, dans une salle d’attente de l’hôpital central de Yaoundé… Il est mort faute de soins, parce que faute d’argent en cash pour payer. Le problème au Cameroun, c’est que le système de santé est tellement basique qu’il faut avancer les frais en liquide avant toute prise en charge. Cette nuit-là, nous avons appelé mes frères, mes sœurs, nos amis en urgence, mais il n’ont pas pu accourir à temps avec les billets. J’avais 16 ans. Je me suis senti effondré sur le moment... Mais c’est aussi ce drame qui m’a donné la colère positive nécessaire pour créer, étape par étape, WeCashUp. Ensuite, je suis allé étudier à Polytech Marseille, puis à l’INSEAD, puis à Stanford. J’ai toujours conservé l’idée d’un moyen de paiement universel en Afrique, qui permettrait de transférer de l’argent rapidement sous toutes ses formes. En 2013, avec mon associée Annicelle-Reine Kungne, j’ai cofondé Infinity Space, et en 2015, nous avons lancé WeCashUp. Nous sommes aujourd’hui 15 dans l‘équipe, principalement basés à Marseille, mais aussi au Cameroun et au Kenya. Si notre interface avait existé ce 25 mai 2008, nous aurions pu rassembler l’argent à temps et mon père aurait été soigné.

Aujourd’hui, comment fonctionne WeCashUp ?

Nous fournissons une unique interface aux commerçants, ou à toute organisation, pour leur permettre d’accepter absolument tous les moyens de paiement : cash, carte de crédit et débit, cryptomonnaies, et surtout les 155 mobiles wallets existant sur tout le continent, comme Orange Money ou M-Pesa. N’importe quel site peut intégrer notre solution en 15 minutes, sans besoin de développeurs. En Afrique, 90 % des gens ne possèdent pas de carte bancaire. Donc si vous n’acceptez pas les autres moyens de paiement, vous ne pouvez tout simplement pas faire de business. Nous donnons au consommateur la possibilité de diviser son paiement entre ses différents porte-monnaie électroniques. Et nous lui permettons aussi d’inviter ses amis ou ses proches à payer en direct sur le site du commerçant. Même en France, un partage de frais en direct est aujourd’hui impossible, et il faut passer par une cagnotte de type Leetchi.

Avec qui travaillez-vous et comment vous projetez-vous dans quelques années ?

7000 sites Internet du monde entier utilisent notre interface. Parmi eux, 35 % viennent des États-Unis, 15 % de France et d’Europe, et 10 % d’Afrique centrale et de l’Ouest. Nous avons de petits commerçants, mais aussi de très gros groupes comme Air France, Amazon, Facebook. Enfin, nous discutons avec certains gouvernements intéressés par notre solution pour percevoir leurs impôts. Aujourd’hui, nous acceptons des paiements venant de 27 pays d’Afrique, et espérons passer à 40 d’ici à la fin de l’année. Puis nous regarderons vers l’Amérique latine et l’Asie. Je veux étendre WeCashUp à tous les pays émergents, à tous les gens qui sont coupés des services financiers de base dans le monde. J’aimerais que tous les systèmes de santé et d’infrastructures s’améliorent. Et je donnerai chaque molécule de moi-même pour éviter à d’autres enfants dans le monde de vivre un 25 mai 2008 comme le mien.

Crédit photo : Virginie de Galzain

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