Corentin de Chatelperron, le nomade des mers de la low-tech

La rédaction de Questions de transformation - 11 janvier 2019

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Corentin de Chatelperron, le nomade des mers de la low-tech
«La perfection est atteinte non pas quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à retirer. » Pas étonnant que Corentin de Chatelperron fasse sienne la devise de Saint-Exupéry, entre grands voyageurs on se comprend...

Fils de notaire breton et ingénieur diplômé de l'Institut catholique d'arts et métiers de Nantes, le fondateur du Low-Tech Lab est devenu depuis cinq ans un nomade des mers, comme le nom de son nouveau catamaran de plaisance réhabilité en version low-tech. Depuis qu'en 2013, il a navigué pendant six mois dans le golfe du Bengale pour essayer de vivre en autonomie avec des innovations utiles, accessibles et durables, ce grand admirateur d'Yvon Chouinard, alpiniste et fondateur de la marque de vêtements outdoor Patagonia, poursuit militantisme et enthousiasme un objectif assumé : repérer les meilleures innovations low-tech autour du monde et les diffuser en accès libre sur une plateforme participative en ligne (lowtechlab.org), de type Wikipedia, afin d'être répliquées.

« Nous souhaitons aussi créer des réseaux d'entraide à travers le monde, trouver des ambassadeurs locaux pour accompagner les entrepreneurs et les associations. Je rêve de créer une NASA des low-tech car elles possèdent un potentiel d'innovation gigantesque qui pourrait aider des milliards de personnes », explique le trentenaire, pour qui l'aventure low-tech a commencé en 2009, au Bangladesh. Alors qu'il y travaillait sur un chantier naval, il découvre la fibre de jute, ressource locale plus écologique que la très polluante fibre de verre. En 2013, il met à l'eau le premier bateau au monde réalisé à 100 % à partir de composite renforcé de fibres naturelles, le Gold of Bengal. Il y vit pendant six mois, en essayant d'atteindre l'autonomie grâce à des innovations low-tech. « Échec, mais cela a donné naissance à un projet, le Low-Tech, porté par l'association Gold of Bengal, basée à Concarneau et qui compte aujourd'hui 12 personnes à temps plein », se réjouit-il aujourd'hui.

En 2016, le membre de la Société des explorateurs français repart sur les eaux, cette fois à bord d'un catamaran laboratoire de 14 mètres, le Nomade des Mers, pour aller à la rencontre d'inventeurs ingénieux et d'innovations inspirantes. L'ambition n'a pas changé, offrir à tous un savoir open source sur les low-tech, tout en impliquant tout type d'acteur. Après avoir visité onze pays, « à chaque escale, des inventeurs nous ont présenté leurs créations, que nous avons testées avant de réaliser un prototype pour l'embarquer sur notre bateau », le catamaran, véritable Arche de Noé de la débrouille ingénieuse, a dû attendre une campagne réussie de crowdfunding (64 000 euros récoltés) pour entamer un nouveau périple qui emmènera Corentin de Chatelperron de la Thaïlande à la Colombie, avec seize nouvelles escales pour autant de low-tech documentées.
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