Antoine Hubert a (re)placé les insectes au cœur de la chaîne alimentaire

La rédaction de Questions de transformation - 27 septembre 2019

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Antoine Hubert a (re)placé les insectes au cœur de la chaîne alimentaire
« Ynsect élève des insectes pour les transformer en aliments haut de gamme pour nourrir les animaux et fertiliser les plantes » : voilà comment Antoine Hubert résume sa « petite entreprise », devenue en huit ans le leader mondial des protéines alternatives et qui, depuis 2011, a levé 175 millions d'euros de fonds et déposé pas moins de 25 brevets. Ingénieur agronome diplômé d'AgroCampus-Ouest, d'AgroParisTech, le CEO et cofondateur de la pépite française, membre de Next40 et lauréate du prix Tech4Good 2019, est un homme mesuré. C'est son caractère. Pas étonnant qu'avant de (re)placer les insectes au cœur de la chaîne alimentaire, le trentenaire, également président du syndicat européen des producteurs d'insectes (IPIFF), ait travaillé pendant dix ans dans l'évaluation des risques environnementaux, les biomasses et le management des biomatériaux.

Si, pour innover, selon lui, « c'est être curieux, créatif mais surtout opiniâtre », gouverner c'est aussi prévoir, juger, anticiper. C'est en étudiant l'impact de ressources alternatives sur le changement des habitudes alimentaires qu'Ynsect est née. Spécialisée dans l'élevage automatisé et la transformation des insectes pour la consommation humaine et animale, la startup de biotechnologie, qui opère entre Évry et Dole, a connu un premier décollage en 2014 : grâce à une levée de fonds de 5,5 millions d'euros, l'entreprise aux 105 employés et 80 millions de contrats de commandes en cours développe la première bioraffinerie d'insectes du monde. Cinq ans plus tard, elle lève 110 millions supplémentaires, « le plus grand tour de table hors États-Unis », dans les protéines alternatives, dixit l'ancien d'Altran, afin de construire une nouvelle usine verticale entièrement automatisée, « pour économiser de l'énergie et des surfaces agricoles », capable de produire jusqu'à 20 000 tonnes de farine d'insectes. 

Devenue leader mondial grâce à l'utilisation de technologies de pointe comme l'intelligence artificielle, le Machine Learning et la robotique, Ynsect se contente pour l'instant encore de nourrir les animaux domestiques, les poissons d'élevage, « du saumon à la crevette, en passant par la truite ou le bar » et les plantes. Pour que l'alimentation humaine devienne un marché aussi important, « cela prendra encore des années et des années ». En attendant, « on apporte des bénéfices nutritionnels et santé vraiment uniques aux animaux et aux plantes, se félicitait récemment  Antoine Hubert. Ils grandissent plus vite en consommant moins de ressources, moins d'eau, moins d'aliments et en ayant moins de problèmes de santé. Donc on peut utiliser moins de pesticides, moins d'antibiotiques. In fine, c'est bien pour la planète et pour le consommateur ».

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