Emeric de Waziers, le polytechnicien qui démocratise le co-avionnage

La rédaction de Questions de transformation - 21 juin 2019

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Emeric de Waziers, le polytechnicien qui démocratise le co-avionnage
La passion des airs n'attend pas forcément le nombre des années. Chez Emeric de Waziers, elle est née dès l'âge de 4 ans. « J'ai été subjugué par les avions dès mon plus jeune âge. À 12 ans, j'ai commencé à prendre des cours de pilotage et à 15 ans j'avais ma licence et pouvais voler seul », confie celui qui veut démocratiser l'aviation privée en France. Comment ? En créant une plateforme de mise en relation entre pilotes et passagers pour partager les frais et « relier plus rapidement des villes mal desservies », précise ce polytechnicien de 27 ans. Avec Wingly, membre de la sélection 2019 des « 100 start-up où investir » du magazine Challenges, Emeric de Waziers et ses deux associés ont créé le BlaBlaCar de l'aviation privée. « Chez nous, aucun pilote ne gagne de l'argent », précise le PDG. Normal, la réglementation européenne interdit toute activité commerciale de la part des pilotes dans le co-avionnage.

Pour Wingly, tout a commencé en 2015, comme le rappelle le cofondateur d'Esprit Co', startup de chapeaux qu'il a revendue en 2016 : « Nous avons identifié plusieurs opportunités sur le marché de l'aviation légère. Du côté des pilotes, il y a un besoin de voler un nombre d'heures minimum pour conserver leur licence, et si possible de voler à moindres coûts. L'idée était donc de leur permettre de ne pas partir seul en vol et de faire découvrir leur passion tout en partageant les frais de vol. Pour les passagers, Wingly rend accessible à tous ce qui jusque-là était perçu comme réservé à une élite. Que ce soit pour un trajet ou une simple découverte de sa région vue du ciel. » Si vous voulez vous rendre à La Baule ou au Mont-Saint-Michel au départ de Paris, ou faire une balade de 30 minutes au-dessus du bassin d'Arcachon (pour 56 euros), Wingly est là. La startup se rémunère grâce à une commission de 5 euros et 15 % du prix du trajet. Pour décoller, elle a quand même dû attendre deux ans. En juillet 2015, juste après sa création, la Direction générale de l'aviation civile impose en effet des règles drastiques qui empêchent son développement. En 2017, le Conseil d'État lève toutes les restrictions en s'alignant sur les directives européennes. Wingly peut prendre son envol, rapidement aidée par une levée de fonds de 2 millions d'euros.

Aujourd'hui, Wingly affiche une belle santé : une vingtaine de salariés, plus de 5 000 vols en ligne à tout moment, 300 000 membres dont 18 000 pilotes, une présence dans 1 000 villes et un volume de ventes de 6 millions d'euros prévu en 2019. Il faut dire que le potentiel du co-avionnage est énorme en France, premier pays au monde en termes de densité d'aéroclubs (500). « Ces infrastructures restent sous-exploitées. Le marché français est estimé à plus de 3 milliards avec 45 000 pilotes privés. Nous voulons redynamiser le secteur de l'aviation légère », assume Emeric de Waziers.
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