François Jaquenoud, pour un accès à l’eau potable pour tous

La rédaction de Questions de transformation- 22 mars 2019

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François Jaquenoud, pour un accès à l’eau potable pour tous
Lorsqu'il rencontre un jeune étudiant cambodgien de l'ENGREF (École nationale du génie rural, des eaux et des forêts) dans un dîner parisien organisé par une amie, cela fait déjà plusieurs années que François Jaquenoud, consultant chez Andersen pendant 22 ans, nourrit son envie de sens par un postulat intime : si on appliquait les mêmes méthodes business pour des causes humanitaires, les combats humanistes seraient beaucoup plus efficaces. Quand l'étudiant khmer lui raconte la désastreuse hygiène publique dans les villages cambodgiens, le déclic est immédiat chez le diplômé de l'École des mines de Saint-Étienne : il ne peut pas laisser des gens s'empoisonner en buvant de l'eau. L'ONG « 1001 fontaines pour demain » vient de naître. C'était il y a quinze ans.

« Au tout début, j'ai fait le tour de ceux censés connaître un secteur qui m'était alors étranger. Tous me disaient qu'ils ne pouvaient pas faire grand-chose car les investissements inhérents à l'installation de sources d'eau potable seraient trop lourds. Ces réponses ne m'ont pas plu mais en bon consultant, j'ai alors reformulé ma question », nous raconte le sexagénaire lyonnais. Pensant à la formule de Pasteur selon laquelle nous buvons 90 % de nos maladies, l'ONG fondée en 2004 se focalise sur l'accès à une boisson plus saine. En traitant les eaux de surface par des rayons ultraviolets alimentés par l'énergie solaire, elle permet aujourd'hui à 500 000 Cambodgiens ruraux de boire de l'eau potable en ayant réussi à réduire les coûts de distribution pour la rendre abordable. Parce que François Jaquenoud ne croit qu'en « la compétence et le travail », il décide de confier chaque unité de production à des entrepreneurs villageois, qui devenus chefs d'entreprise, emploient deux à trois personnes pour les épauler. « Cela permet de créer des emplois et d'assurer la pérennité des projets », assure le fondateur de l'ONG parisienne, qui implique au quotidien 800 personnes dans le monde dans sa mission humanitaire. Soutenue par du mécénat de compétences (Danone, Veolia) et financier, « 1001 fontaines pour demain », qui va bientôt opérer au Myanmar et au Vietnam, a réussi à faire croître son nombre de bailleurs « en attirant des financements plus institutionnels, comme des fondations anglo-saxonnes », explique François Jaquenoud, qui à 67 ans prépare déjà sa succession. Avant de prendre sa retraite, il veut amener l'activité cambodgienne à l'autofinancement. « La boucle sera alors bouclée », assure celui qui se définit comme un ingénieur qui aime assembler le puzzle en mobilisant des compétences au service d'une vision. « Sauf que contrairement à un consultant, avec l'ONG, c'est moi qui ai dessiné le puzzle », conclut-il.
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