Joann Sfar, dessinateur philosophe qui ne mâche pas ses coups de crayon

La rédaction de Questions de transformation- 26 avril 2019

0
0
1
Inscrivez-vous
à la newsletter
Joann Sfar, dessinateur philosophe qui ne mâche pas ses coups de crayon
Plus de 160 livres et albums, une dizaine de romans, quatre films : à 48 ans, Joann Sfar est un artiste érudit et curieux très prolifique. « Avec lui, ça va si vite qu'on a du mal à le suivre », résume la directrice du musée de la BD de Bâle, qui a récemment consacré une exposition au touche-à-tout niçois, connu pour savoir traiter de questions existentielles, identitaires et philosophiques à travers ses différents supports d'expression. L'auteur des aventures du Chat du Rabbin s'est rarement imposé des limites dans sa fantaisie, sans jamais oublier qu'il a été philosophe avant de prendre le crayon pour devenir un des dessinateurs français les plus influents de sa génération. Ces deux postulats expliquent que son œuvre est un cheminement aux ramifications nombreuses.

Depuis 2002 et ses premiers succès commerciaux, ce petit-fils de Résistant et fils d'un avocat engagé contre le néonazisme a toujours assumé de jouer du crayon pour défendre ses valeurs en rebondissant sur l'actualité. Dans la postface du dernier volume de sa série Klezmer, le réalisateur de Gainsbourg, vie héroïque explique pourquoi il ne se tait pas face à la montée des extrêmes droites en Europe : « Qu'est-ce que nous attendons d'un artiste ? Toujours le même monologue ? Personne ne lui prête oreille. Et si les hommes ne veulent pas être des frères ? Crions encore plus fort ! »  Sur la liberté d'expression, il assume qu'il la veut « quasi totale ».  « On est dans la génération des offensés et tout le monde est toujours vexé par quoi que ce soit. Dessiné aujourd'hui, c'est devenu compliqué car les censeurs ont gagné, et sur toute la ligne », déplorait-il en septembre dernier sur Europe 1. Le créateur de la série Petit Vampire avoue se sentir un peu seul dans ce combat.

Pour défendre le statut et la condition sociale des auteurs, il l'est moins. « La réalité, c'est que vivre des droits d'auteur est presque une bizarrerie. Depuis à peu près une centaine d'années, il y a des gens qui parviennent à vivre en faisant des livres, mais ces derniers temps, on n'y arrive plus et ce, pour des milliards de raisons différentes », regrettait-il l'été passé dans les Inrockuptibles après avoir cosigné une tribune revendicatrice dans Le Parisien. « On peut pas avoir un modèle économique où l'on se dit que seuls les auteurs de best-sellers peuvent survivre et les autres n'ont qu'à crever, ça c'est pas possible  », poursuit l'illustrateur, peintre à ses quelques heures perdues. Les débats à venir sur la nouvelle directive européenne vont l'intéresser.
Plus de contenus
Plus de contenus
S'inscrire à la newsletter hebdomadaire
Vos données personnelles sont uniquement utilisées pour vous envoyer la newsletter EY « La question de la semaine ». Vous pouvez à tout moment vous désinscrire en utilisant le moyen de désabonnement indiqué dans la newsletter. Pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits, veuillez consulter lesconditions générales d’utilisation du Site.
close
{POPUP_CONTENT}