Valérie Cabanes, la juriste qui veut rendre ses droits à la nature

La rédaction de Questions de transformation- 12 avril 2019

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Valérie Cabanes, la juriste qui veut rendre ses droits à la nature
Faire reconnaître le concept de crime contre l'environnement pour éviter des catastrophes écologiques : tel est le combat de Valérie Cabanes s'il pouvait se résumer en une phrase. Évidemment, il est plus holistique, à l'image des engagements multiples de cette juriste en droit international spécialisée dans les droits de l'homme et le droit humanitaire, très impliquée depuis plus de dix ans dans la défense des droits des peuples autochtones. « Aujourd'hui, un conseil d'administration d'une société peut pousser un PDG à prendre des décisions gravement nuisibles à l'environnement, car ce dernier n'est pas pénalement responsable pour de tels actes. Si le crime d'écocide était reconnu, engageant sa responsabilité pénale, il réfléchirait à deux fois avant d'agir », déplorait récemment la cofondatrice de l'ONG « Notre affaire à Tous » et conseillère de l'initiative des Nations unies « Harmony with Nature ». « Il est urgent que l'homme retrouve sa juste place de gardien du vivant ; cela passe par une prise de conscience individuelle, mais le droit pourrait accompagner ce cheminement. Reconnaître la destruction des écosystèmes comme un crime semble nécessaire pour imposer par la loi, à nos gouvernements et à nos entreprises, la transition énergétique qui permettra de protéger notre environnement, de mieux respecter notre droit à la vie et celui des générations futures », développe l'auteure de Homo natura, en harmonie avec le vivant (Buchet.Chastel, 2017).

Collaboratrice du mouvement citoyen mondial « End Ecocide on Earth », Valérie Cabanes, militante de la justice climatique, a passé 18 ans à diriger des programmes internationaux sur la santé et les droits humains. « Mes voyages dans plus de 40 pays et mes recherches m'ont convaincue que la guerre et la pauvreté sont intimement liées à la surexploitation des ressources terrestres et à un partage inéquitable de celles-ci. J'ai aussi pu constater que les modes de vie des peuples autochtones sont les plus à même de préserver le système Terre. Ils savent exploiter les ressources sans jamais les épuiser, car ils se reconnaissent eux-mêmes comme un simple maillon de la chaîne de vie », explique-t-elle. Membre du comité scientifique de la revue La pensée écologique et de celui de la Fondation Zoein, l'essayiste activiste propose donc une réflexion juridique fouillée et globale pour protéger en même temps l'humanité et l'écosystème global dans lequel elle s'insère. Et dont, forcément, elle dépend. Cela peut expliquer pourquoi durant la COP21 elle a aidé une délégation internationale de représentants autochtones à rédiger 17 recommandations à l'intention des chefs d'États présents, en collaboration avec l'ONG Planète Amazone.

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